Les
différentes informations publiées quotidiennement dans BALIZ-MEDIA.com,
que ce soit les articles, billets de blogue, communiqués de presse ou
brèves dans la section "direct", partagent des similitudes, s’ajoutent
à d’autres observations semblables et vont parfois jusqu’à ce répéter.
Les trois premières tendances qui ont marquées l’actualité de
l’industrie du géospatial de ce premier trimestre de l’année 2009 sont
décrites dans ce premier bilan. Il est question d’un malaise autour de
l'accès à certaines informations, des efforts autour des données 3D et du rôle potentiel des SIG dans la relance économique.
Juste avant de parler des tendances, soulignons tout le mystère
entourant la sortie de Google Earth v.5.0 et son dévoilement. La
principale raison était que cette version incluait un tout nouveau
volet, un volet « océan », offrant non seulement les fonds marins en 3D
mais également une série de couches thématiques regorgeant des faits
scientifiques, encyclopédiques, photographiques, …
Des
millions d'explorateurs amateurs utilisent quotidiennement les
différents produits de Google et cela mène parfois à des découvertes de
phénomènes, lieux, objets, espèces et individus comme : une forêt au Mozambique, une enfant en Virginie, un champ de cannabis en Suisse, une biche frappée « live », un filet de pêcheurs vieux de mille ans au pays de Galles, un trésor en Tunisie et même l’Atlantide dans l’Océan Atlantique!
1. Malaise autour de l’accès à l’information
Le partage et l’accès aux données est et restera toujours un sujet de
discussion prépondérant dans les TIC en général comme dans le
géospatial. Bien que ce premier trimestre ait encore montré quelques lacunes et certains progrès
faits vers la libéralisation des données gouvernementales ou publiques,
j’attire votre attention sur le phénomène inverse, c’est-à-dire la «
sur disponibilité » de l’information ou la disponibilité d’information
trop précise et détaillée.
L’article de début d’année intitulée « Imagerie et Internet en France : problèmes légaux, repères et ouverture au débat
» aborde le sujet avec détail et exemples à l’appui et traite surtout
du phénomène Google Street View dont la prise de photographies à partir
de véhicules circulant sur la voie publique soulève de la controverse
un peu partout dans le monde. L’actualité récente nous le prouve avec
une prise de conscience ici au Canada alors que Street View est sur le
point d’être disponible pour quelques villes du pays (réf. 1 et 2). Y-a-t-il atteinte à la vie privée ?
Outre les gentils exemples cités en introduction, l’accès à
l’information (et sa diffusion) permet aussi de planifier des activités
moins drôles comme le vol, carrément déplacées et, dans un tout autre registre, potentiellement utilisée pour planifier des actes criminels et terroristes. Un politicien de Californie tente même de faire passer une loi qui se voudrait assez restrictive afin de brouiller les cartes et images satellites afin de protéger les endroits publiques de potentiels attentats.
La nouvelle ayant eu le plus d’impact, au-delà et peu après la sortie de Google Earth 5.0, est la sortie de Google Latitude, une nouvelle option offerte dans Google Maps Mobile v.3.0. La presse
de partout titrait avec des mots comme « peur, espionnage, big brother,
Google sait tout, vous suivre à la trace, … ». C’est qu’avec Google
Latitude, il est maintenant possible sur son smartphone (et en ligne)
de suivre la position de ses amis ou collègues et vice versa, en temps
réel, et échanger des messages si la situation reliée à cette «
proximité » le justifie. Ici, contrairement à la prise de photographies
sans votre consentement, il faut savoir que Google Latitude vous
demande deux fois plutôt qu’une si vous voulez utiliser la fonction,
avec qui partager votre position et si vous voulez donner votre
position exacte ou non. Une application comme celle-ci, gratuite et
bien utilisée, peut-être utile dans des applications et contextes d’affaires. Yahoo! a d'ailleurs une belle application appelée Fire Eagle (notre article ici)
qui est en fait un service Web de gestion du niveau de détail et de
partage de la position de ses membres dans toutes les applications LBS
clientes du système. Le potentiel est intéressant, un peu comme MyOpenID du côté de la sécurité et de la gestion des mots de passe.
Espérons que des projets de recherche comme celui-ci de GEOIDE (Public protection and ethical geospatial data dissemination)
dégagera un cadre applicable accompagné d'une prise de conscience
générale et plus automatique de la part de ceux qui captent et
diffusent de l’information et par ceux et celles qui partage des
détails sur leur vie et mode de vie. On ne pourra pas toujours tout
justifier en disant que « les bénéfices surpassent les inconvénients »…
2. Plus de données 3D et de relief
La visualisation en 3D est de plus en plus accessible. Grâce à Google Earth, Virtual Earth, le Geoportail.fr et les autres globes 3D,
les gens s’habituent à la 3e dimension et apprécient le degré de
réalisme qu’elle procure. Si on en croit cette publicité assez directe
de Microsoft, aperçue sur le forum MapPoint / Virtual Earth, les gens devraient même trouver la 2D monotone :

Après l’accessibilité de la cartographie de base et du réseau routier,
de l’imagerie composée, selon l’échelle, d’images satellites et de
photos aériennes, la 3D représente une troisième vague de données
stimulant toute une industrie. L’objectif est bien de rendre tout plus
réaliste, soit par des techniques attribuant une géoréférence (X, Y et
Z) aux pixels d’une image, soit en plaquant des textures photos
réalistes aux objets et blocs 3D des bâtiments et autres
infrastructures d’un paysage urbain.
À l’image des initiatives de collaboration et de partage OpenStreetMap
pour les données vectorielles, OpenAerial Map pour l’imagerie, un
nouveau projet est apparu pour héberger et partager des données 3D de
relief, OpenTopography. Comme le disent les promoteurs du projet, "À cause de la richesse-même de ces données,
elles peuvent être extrêmement valables au-delà de l’application initiale
ayant justifié leur acquisition et ainsi, intéresser un public large et
varié".

D’ailleurs, selon une récente étude,
le marché du LIDAR (Light Detection and Ranging) est en croissance
soutenue de 18% par année, avec de plus en plus d’équipements et
d’opérateurs. Cette technologie de télédétection est particulièrement
efficace pour saisir le relief, entreposer une quantité impressionnante
de points géoréférencés (nuages de points), utiles pour la génération
de modèle d’élévation précis.
D’autres indices sur une ruée vers la 3D s’accumulent : l’arrivée de la
bathymétrie dans Google Earth, la sortie de Sketchup 7, le programme « Cities in 3D » de Google, les efforts continus de Microsoft, via sa filiale Vexcel, de saisir eux-mêmes la donnée (imagerie et 3D) dans les zones urbaines et l’offre croissante d’une compagnie comme InterMap en données 3D sur des pays en entier.
Le salon Imagina 2009
qui s'est déroulé en février dernier est un bel exemple de convergence
dans le monde du 3D entre les industries de l’animation, de
l’architecture, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. La
prochaine conférence GeoWeb 2009
en juillet prochain aura comme thème « Cityscape » et traitera du
potentiel du standard CityGML et de l’intégration BIM / CAD / SIG.
3. Les SIG pour une
relance économique
La situation économique en ce début d’année a provoqué (ou servi à justifier) des mises à pied chez plusieurs éditeurs et joueurs de l’industrie comme Autodesk, Intergaph, MapInfo, Tele Atlas…
Dans un souci de garder son tir le plus « groupé » possible, Autodesk s’est même départi de son unité d’affaires LBS, laissant
ce segment de marché aux géants du Web, aux fabricants d’appareils et
quelques startups et préférant se concentrer sur le déjà lucratif mais
prometteur marché du BIM / CAO / SIG.
Reste que cette situation économique a précipité les investissements à
faire dans la construction, la rénovation et l’entretien des
infrastructures. Une bonne chose pour l’économie, la création
d’emplois, tout l’écosystème (entreprises et familles) autour de la
construction et bon pour le moral!
Opportunité unique pour les travaux déjà amorcés entourant
l’évangélisation de plusieurs industries (architecture, ingénierie,
construction, géomatique) avec le discours autour des bienfaits d’une
saine et logique intégration BIM / 3D / CAO / SIG… Les Autodesk,
Bentley, Intergraph de ce monde devraient récolter.
Côté géomatique et SIG, ces dépenses urgentes devraient aussi profiter à la croissance du marché et sa montée dans l’échelle stratégique des décideurs. Entourant l’annonce d’un ambitieux « Stimuls Plan » par la nouvelle administration Obama et toutes les rumeurs et la spéculation sur ses rubriques de dépenses, l’industrie américainde du géospatial a successivement présenté différentes visions.

(Images tirées
de la vidéo du "Geospatial
Revolution Project" pour la
promotion du géospatial aux États-Unis)
Nous
avons eu droit à une série (5-6) de plans,
lettres ouvertes, associations en faveur d’une philosophie de
dépenses et d’investissement globale,
intégrée, coordonnée, durable, moderne
présentés par différents groupes ayant
tous deux intérêts en commun : une meilleure
exploitation du « géo » et leurs
« poches ».
Oui, les différents plans avaient tous en communs les
efforts en saisie de données (le carburant) mais
présentaient des technologies et infrastructures quelques
peut différentes (des moteurs qui brûlent du
carburant).
Il y a eu l’approche SIG d’ESRI
/ Booze-Allen, le
discours de l’accès libre aux données
d’un SDI (Spatial Data Infrastructure) des autres
géants (Autodesk,
Microsoft, Oracle, Google et Intergraph), d’autres discours
frappant sur les manques des deux premières propositions,
puis le discours « GeoWeb » de Ron Lake (voir
l’article
ici) , très
axée sur le Web, la sémantique, le granulaire,
l’explosé, le décentralisé
par l’application totale et maximale des standards de
l’OGC…
Selon le lobbying de chacun, il devrait tout de même y en
avoir pour tout le monde.
Tendance additionnelle :
J'aimerais également souligner que, en suivant plusieurs
nouvelles et annonces, deux camps semblent se former autour de Google
et Microsoft, NOKIA et TomTom, alliant l'Internet, les
données à référence
spatiale, la navigation et la téléphonie.
Les récentes poursuites de TomTom
par Microsoft suivi de la
riposte de TomTom
envers Microsoft vont
peut-être aider à cristalliser les ententes
commerciales de part et d'autre... À l'heure
décrire ces lignes, Microsoft et TomTom annoncent
s'étre entendu à
l'amiable...
1. Google
et Tele Atlas
2. Google
et GeoEye
3. Google
et DigitalGlobe
4. Microsoft
et DigitalGlobe
5. Microsoft
et NAVTEQ
6. NOKIA
et DigitalGlobe
7. Querelle puis entente sur
brevets entre Microsoft et TomTom





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Rappel des tendances de l'année dernière (Q1-08, Q2-08, Q3-08 et Q4-08) :
1. La maturité de l’Open Source
2. Les normes
3. La valeur des données
4. Encourager la participation
5. Convergence au profit de la géolocalisation
6. Accent sur le BIM et les infrastructures
7. Séparation de l’offre grand public
8. L'organisation des SDI
9. La perturbation de l’offre en mobilité
10. Hybridation des solutions géospatiales
11. Monnayer les observations et les opinions
12. Graduation des mashup
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