Bilan du quatrième trimestre 2008
Voici le dernier bilan de l'année 2008 couvrant les mois d’octobre,
novembre et décembre. Ce bilan souligne trois autres tendances
observées dans l'actualité et certains événements propres à l’industrie
du géospatial mais aussi aux TIC en général. Il est
question de l’hybridation des solutions géospatiales, de monnayer les
observations et les opinions et de la graduation des mashups.
Ces tendances ont été
présentées aux participants du séminaire « Bilan 2008 de l’industrie du
géospatial » qui avait lieu à Québec en décembre dernier.
Rappel des tendances des trois premiers trimestres 2008 (Q1, Q2 et Q3)
1. La maturité de l’Open Source
2. Les normes
3. La valeur des données
4. Encourager la participation
5. Convergence au profit de la géolocalisation
6. Accent sur le BIM et les infrastructures
7. Séparation de l’offre grand public
8. L'organisation des SDI
9. La perturbation de l’offre en mobilité
Acquisitions
L’industrie n’a pas été très active lors de ces trois derniers mois.
Notons tout de même en décembre le géant des télécommunications anglais
Vodafone qui fait l’acquisition de Wayfinder,
éditeur de solutions de navigation GPS pour 22,6 millions d’Euros. Il y
a également une transaction canadienne alors que PCI Geomatics a acheté
la firme TGIS le 12 décembre.
Décembre marque aussi le début d’actions moins joyeuses avec certaines coupures de postes qui se poursuivent encore en janvier 2009.
10 – Hybridation des solutions géospatiales
Bien que technologiquement, tous les éditeurs de logiciels SIG
maîtrisent bien la continuité entre la production « desktop » et la
diffusion Web, plusieurs grands utilisateurs aiment distinguer ces deux
volets. Ils font reposer les importantes données sur des SGBD à formats
non-propriétaires jouant le rôle de pivot entre la production et la
diffusion. Cette situation ouvre la porte à bien des solutions hybrides
où la culture de la marque n’a plus la même influence.
Il n’est plus raisonnable de croire qu’à une seule source de solutions.
Pour un projet SIG qui démarre, impliquant du Web-mapping pour une
simple diffusion ou le déploiement d’un mini-SIG en ligne, il est
opportun de considérer si et dans quelles proportions les trois grandes
sources de solutions peuvent jouer un rôle. Il y a bien sûr les joueurs
SIG et SGBD traditionnels mais aussi le mouvement du LIBRE (SIG, SGBD
et données Open Source) et l’offre des géants du WEB (Microsoft et
Google). Dans la plupart des projets, l’adoption de bonnes pratiques
issues et inspirées de normes comme celles de l’Open Geospatial
Consortium (OGC) est un élément clé et universel sur lequel s’appuyer et valider les choix.
Pour généraliser, très grossièrement, accordons un point fort à chacune de ces trois forces du marché :
- SIG : capacité de production, intégration et analyse de l’IG inégalée;
- Libre : offre complète, performante et potentiellement peu coûteuse en Web-mapping;
- Web : source complète pour les données de base et fonds de cartes, le géocodage et le routing… et la simplicité de l’interface-usager en inspire plus d’un.
C’est bien sûr plus compliqué que cela car toutes les combinaisons (solo, duo ou trio) sont possibles. Par exemple, imaginez une solution où la production utilise un SIG propriétaire qui alimente un SGBD où se branche un serveur Open Source de Web-mapping poussant des données en format WMS de l’OGC et/ou .KML à une application-client (mashup) faite avec l’API de Google Maps.
Cette hybridation est de plus en plus possible car l’offre se
diversifie et la demande se questionne pour tirer le maximum de ses
ressources (temps, argent et ressources humaines).
Comme nous le savons, Autodesk joue sur deux plans en poursuivant le
développement et la commercialisation de logiciels SIG/CAD comme
AutoCad Map 3D et a libéré son produit de Web-mapping MapGuide à la
communauté Open Source, via l’organisme OSGéo.
ESRI, comme je le soulignais dans mon retour
sur la conférence d’ESRI France début octobre, continue à occuper
l’espace de la production SIG avec ArcGIS Desktop et du Web-mapping
avec ArcGIS Server mais facilite de plus en plus l’intégration des
résultats aux solutions des géants du Web comme Virtual Earth de
Microsoft ou Google Earth, côté usager-final semi-professionnel ou
amateur.
C’est cette hybridation, plus que les trois mouvements pris
séparément, qui change et changera le plus l’industrie du géospatial et
les modèles d’affaires des joueurs impliqués, petits ou grands.
11 – Monnayer les observations et les opinions
Le cycle de l’information fait maintenant un tour complet
(boomerang) alors que l’information provenant des usagers remonte vers
les fournisseurs. Celle-ci vient ainsi améliorer l’offre
commerciale-même de ces compagnies qui, à nouveau, pourront la
commercialiser en mettant en valeur sa fraîcheur et validité « terrain
».
La phase 1 (papier et Web 1.0) consistait à simplement pousser l’information. Les premières applications typiquement Web 2.0
(2004) ont laissée les usagers en faire un peu plus et interagir avec
la donnée (créer, corriger, noter et/ou commenter) afin de, souvent,
partager cette information bonifiée avec les autres usagers, les autres
internautes.
Et bien maintenant, la troisième phase, rendue possible par « the power
of scale » (un nombre de contributeurs suffisants), permet aux
fournisseurs originaux de s’intéresser de façon « corporative » à cette
information issue de l’intelligence collective des usagers afin de
venir réintégrer cette richesse à la source, dans leur offre.

Du côté de la géométrie, les exemples de TomTom (Map Share) et Google Map Maker, maintenant ouvert à 164 pays/territoires, sont les plus connus. Le 16 décembre, TomTom annonçait avoir passé le cap des 5 millions de corrections apportées
à ses données routières et POI (points of interest). Tele Atlas
bénéficie du retour usagers vers TomTom mais peut aussi aller plus loin
avec ce qu’il appelle le « Anonymous Collaboration
» alors que la détection des changements peut être automatique,
anonyme, passive et continue par la réception de positions des GPS
TomTom.
La participation, tendance 4 identifiée au second trimestre, n’est plus
seulement un mouvement pour satisfaire et plaire aux usagers. Les
fruits de cette participation sont maintenant pris assez au sérieux
pour revenir bonifier l’offre elle-même afin de la monnayer. Est-ce
correct, est-ce clair, est-ce juste pour les contributeurs?
12 – Graduation des mashups
Le mot « mashup » (application composite selon le GDT)
a un historique d’applications peu utiles et/ou pas très sérieuses faites
par des amateurs. Le mot continue à me faire penser à « patates pilées »
(mashed patatoes) mais tout de même, la connotation péjorative du terme
tend à disparaître.
« Graduation des mashups » signifie que, avec des centaines de milliers
d’applications (plus de 100 000 avec Google Maps seulement)
inter/intra/extranet, il y a maintenant beaucoup de sérieux dans les
mashups! De plus en plus d’applications pour entreprises et de sites à
grand volume de trafic incluent et profitent d’applications composites.
Comme le dit si bien IBM dans sa section sur les mashups d’entreprises :
« Business mashups enable individual efficiency and innovation » / Les mashups d’affaires rendent possible l’innovation et l’efficacité individuelle.
Il y a les APIs (Application Programming Interface) de MapQuest, Microsoft, ViaMichelin et Yahoo! Maps mais la popularité l'API de Google Maps est l’exemple le plus marquant ayant permis de générer des mashups :
- Pour la grande région de Montréal,
14 agences de transports en commun ont contribué à intégrer
l’information utile aux usagers dans une seule et même application,
facile à découvrir et utiliser.;
- L’exemple de la plateforme de communication Ushahidi
(« témoignage » en Swahili) est tout sauf pas sérieux. Ushahidi permet
d’agréger l’information provenant du public en temps de crise pour une
meilleure réponse/ temps de réaction de l’aide et des autorités
compétentes;
- Google.org a lancé le « Google GeoChallenge Grant
» fin octobre permettant à des « organisations charitables publiques et
légalement constituées » de soumettre leurs projets de cartographie
touchant les grands axes d’aide de la fondation Google soient les
changements climatiques, la pauvreté et les maladies émergentes.
"Use the power of information and technology to address the global
challenges of our age: climate change, poverty and emerging disease."
L’entrée de l’Ordnance Survey (OS) d’Angleterre et l’IGN
de France plus tôt cet année dans le monde des mashups grâce à leur API
respective montre également que ce mode de livraison de la donnée et de
l’assemblage d’application a gradué.

La « maturité » des mashups est démontrée aussi par une offre
spécialisée offrant une interface visuelle simple de création de
mashups cartographiques en quelques étapes. Sans être programmeur, sans
connaître les APIs, il est possible de personnaliser une application
cartographique répondant à vos besoins (en tout ou en partie), incluant
de vos données et de la redéployer où vous voulez, comme une vidéo
Youtube et son code d’intégration. Il se développe donc une offre entre
vous et les grands API comme Google Maps, un intermédiaire. C’est le
cas, par exemple, de UMapper d'une firme spécialisée en interface Flash ainsi que du plus connu Maker! de FortiusOne. La solution française GeoGarage est également un bel exemple de solution hybride, SaaS (Software as a Service) et mashup Web.





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La PowerPoint du séminaire BILAN 2008 est ici.
Bilan du premier trimestre 2009 de l'industrie du géospatial et de la géomatique est en ligne ici.
1. Malaise autour de l’accès à l’information
2. Plus de données 3D et de relief
3. Les SIG pour une relance économique
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