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L’utilisation de la géomatique dans l’élaboration d’un schéma de couverture de risques en sécurité incendie

Nippour Geomatik Suite à la semaine de la prévention des incendies, qui se déroulait du 5 au 10 octobre 2008, quoi de mieux que de parler de l‘utilité de la géomatique lors de l’élaboration d’un schéma de couverture de risques en sécurité incendie.

Suite à l’adoption de la Loi sur la sécurité incendie au mois de juin 2000, par le Gouvernement du Québec, les MRC de l’ensemble de la province ont collaboré ensemble afin de produire un schéma de couverture de risques en sécurité incendie. Ce document a pour objectif principal d’augmenter la sécurité de la population et de leurs biens, en responsabilisant les instances municipales quant à la planification, à la prévention et à la lutte contre les incendies.

Au fil des ans, Nippour Géomatik a développé une solide expertise dans l’application de la géomatique au niveau municipal et les connaissances acquises ont permis de réaliser avec succès plusieurs schémas de couverture de risques en sécurité incendie. On peut citer comme exemples les MRC de Lajemmerais et de Joliette. Tout le processus se fait en étroite collaboration avec les personnes impliquées localement dans la gestion des risques incendie, mais aussi avec des collaborateurs spécialisés en prévention et en gestion de risques. Nous procédons à l’élaboration de toutes les étapes du schéma, jusqu’à son acceptation par le Ministère de la Sécurité Public. Notre expertise en sécurité civile nous a même amené à réaliser toutes les étapes d’un plan de mesures d’urgence en cas de bris de barrage pour Rio Tinto Alcan. Notre travail concernait tous les aspects, allant de la prise de données terrain à la mise en place des procédures opérationnelles, en passant par les communications avec les centrales 911.

C’est au début de l’élaboration du schéma de couverture de risques en sécurité incendie, que la géomatique entre en jeux. Cette spécialité de la gestion du territoire deviendra indispensable tout au long du processus de rédaction et d’intervention. Cet article présente une partie des applications de la géomatique dans le processus d’élaboration du schéma et vous apprendrez de quelle façon elle peut aider à améliorer grandement son efficacité.

La structure en forme de roue du schéma de couverture de risques, actuellement utilisée par le Gouvernement du Québec, s’inspire du modèle ontarien créé par le Bureau du Commissaire des incendies de l’Ontario. Il se divise en quatre phases bien distinctes : l’analyse des risques, la prévention, l’intervention et le risque assumé par les autorités. (figure 1)

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Figure 1

Reprenons maintenant chaque phase du modèle et voyons de quelle façon la géomatique contribue à augmenter son efficacité.

1- Analyse des risques :

C’est la première étape à réaliser lors de l’élaboration d’un schéma de couverture de risques en sécurité incendie. Cette étape se subdivise en quatre sous-catégories : les caractéristiques particulières, la classification des risques, les mécanismes d'autoprotection ainsi que les mécanismes de détection et de transmission. L’utilisation de la géomatique permet de dresser le portrait de la situation au sein des municipalités qui composent la MRC. Toute l’information pertinente provenant de diverses sources peut être traitée à cette étape et il est primordial de la standardiser et de la rendre conforme aux exigences du ministère de la Sécurité Publique (MSP). La standardisation est un processus souvent laborieux en raison des multiples formats cartographiques disponibles, mais aussi en raison des bases de données, qui sont souvent créées selon des besoins spécifiques pour chaque municipalité. Cette étape constitue un travail indispensable qui permet par la suite de maintenir un système cohérent et qui facilite grandement les mises à jour de la cartographie et des requêtes.

Une grande variété d’information se retrouve dans la cartographie informatisée dont notamment :

  • La description et l’organisation du territoire municipal;
  • La concentration de la population;
  • Les distances entre les périmètres d’urbanisation;
  • Le territoire couvert par les casernes;
  • Les infrastructures et l’utilisation du sol;
  • L’inventaire des bâtiments patrimoniaux à protéger;
  • La classification des risques selon 4 catégories (figure 2);

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Figure 2

2- Prévention :

La deuxième étape se divise également en quatre sous-catégories : l'analyse des incidents, l'éducation du public, la réglementation et l'inspection périodique des risques. Généralement, plusieurs éléments cartographiques identifiés dans la phase d’analyse des risques peuvent être réutilisés dans cette phase afin de faire ressortir d’autres éléments précis du territoire. La géomatique devient alors un outil d’aide pour les décideurs qui désirent identifier les secteurs problématiques dans leur municipalité et apporter les correctifs qui s’imposent afin de prévenir les incendies. La géomatique peut servir par exemple à identifier les secteurs desservis par les services de sécurité des incendies (SSI) dans les délais prescrits par les orientations ministérielles versus les secteurs qui ne sont pas desservis dans les délais prescrits. La connaissance de ces secteurs, sous forme de cartes, permet d’avoir une vue d’ensemble de la situation et de prioriser les activités de prévention (figure 3). L’analyse des incidents et des accidents antérieurs permet également de prioriser certaines zones lors de la phase de prévention des incendies et également, permet de mieux informer et sensibiliser la population.

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Figure 3

3- Intervention :

Cette étape constitue la dernière phase du schéma en tant que tel puisque comme il est mentionné au début de cet article, l’écart, qui est la dernière phase, représente le risque que les décideurs sont prêts à assumer par rapport aux choix qu’ils ont faits lors de l’implantation de leur schéma de couverture de risque en sécurité incendie.

La phase d’intervention est d’une importance capitale puisqu’elle permet de minimiser les impacts d’un incendie. Elle se subdivise en quatre catégories : le délai d'intervention, le personnel d'intervention, les équipements d'intervention et l'alimentation en eau. L’exactitude des données intégrées au système et leur mise à jour constante nécessitent l’utilisation de la géomatique comme outil d’intervention lors d’incendie. En effet, la rapidité et la précision des informations fournies lors d’une urgence feront en sorte de protéger au maximum la vie et les biens des citoyens.

Dans la rédaction du schéma de couverture en sécurité incendie, la géomatique est utilisée dans un premier temps pour identifier les éléments suivants :

  • Le déploiement des ressources (force de frappe) pour chaque municipalité;
  • Les sites d’approvisionnement en eau (figure 4);
  • Les zones de couverture selon la capacité des sites d’approvisionnement en eau;
  • Les distances routières entre les casernes et les sites d’approvisionnement;
  • Le portrait de la situation avant et après optimisation des ressources (figure 5);
  • Les cartes de mobilisation des effectifs pour les services de sécurité incendie et les centrales 911;

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Figure 4

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Figure 5

Suite à la création des éléments essentiels au schéma de couverture de risque en sécurité incendie, les décideurs peuvent utiliser la géomatique pour de nombreuses autres applications. Les possibilités offertes sont presque infinies puisque chaque variable comme l’emplacement des casernes ou des bornes fontaines, par exemple peut être utilisée pour fin de requêtes en rapport avec le lieu d’incendie, avec le nombre de feux de circulation entre la caserne et le sinistre, avec les routes utilisées pour se rendre au sinistre, etc. Dans les faits, plus on utilise les outils géomatiques mis à notre disposition, plus on constate le nombre d’utilisations possibles et plus le schéma de couverture de risques en sécurité incendie devient efficace.

Comme c’est la sécurité de la population et des biens individuels et collectifs qui est en jeux, la réalisation d’un schéma de couverture de risques en sécurité incendie et le système géomatique qui l’accompagne, doivent être réalisés en collaboration avec les diverses instances municipales en gestion de risque et des ressources externes, s’il y a lieu. Tout cela dans le but de munir les MRC d’un outil de gestion et de prévention efficace, qui est le reflet de la réalité terrain et qui est constamment en évolution.

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