Par: Joe Francica et Adena Schutzberg
Lors de son discours d’intronisation au temple de la renommée des GIS de l’URISA, Michael Goodchild a émis que « l’information volontaire, ou encore ce que l’on appelle le contenu généré par les utilisateurs, sera l’un des sujets les plus importants dans le futur des technologies géospatiales. Comment, en tant que communauté, sommes-nous prêts à encourager et à profiter de ce ‘savoir localisé’ »? Nous vous présentons ici le point de vue de J. Francica et A. Schutzberg sur deux exemples de projets participatifs : OpenStreetMap et Map Share de TomTom, et sur les défis à relever.
D’entrée de jeu, Adena Schutzberg souligne, comme noté par Michael Goodchild, l’engouement récent et la tendance qui s’installe pour la participation d’usagers dans la création de contenu géolocalisé.
La démocratisation des données localisées – un phénomène « Wikipedia » appliqué à la cartographie
OpenStreetMap est en quelque sorte une carte du monde sur laquelle les utilisateurs peuvent ajouter du contenu cartographique, modifier des données, effectuer des tracés en superposition à des images, etc. Ces modifications, bonnes ou mauvaises, deviennent accessibles à tous, gratuitement. La question qui nous vient tout de suite en tête est : « Comment un tel projet peut-il générer des cartes exactes »? La réponse citée par Adena Schutzberg est la suivante : « L’essence même d’un processus de style « wiki » repose sur le fait que tous les utilisateurs ont intérêt à ce que les données soient justes. Si un utilisateur ajoute dans le système des données inexactes, intentionnellement ou par accident, le reste de la communauté peut les vérifier, les corriger et même les rejeter. La grande majorité d’utilisateurs bien intentionnés assurent automatiquement la qualité des données ».
Ceci étant dit, cela fonctionne-t-il vraiment, tout comme on peut le voir avec l’expérience Wikipedia ? Bien sûr, Wikipedia a été un grand exemple de démocratisation du contenu, mais selon Joe Francica, le monde géospatial pose des défis différents en termes d’expertise et d’efforts nécessaires sans compter les aspects légaux reliés aux données.
Les projets participatifs de contenu géolocalisé semblent gagner en popularité si on se fie aux nouvelles fréquentes concernant ce sujet (imagerie Yahoo! mise à la disponibilité des projets, groupes d’utilisateurs se regroupant les fins de semaine. Il s’agit toutefois d’une activité qui intéresse surtout la communauté des cartographes et autres initiés, et très peu le grand public.
Société privée cherche la participation des utilisateurs pour améliorer ses données géolocalisées
Au sujet du projet Map Share de TomTom, Adena Schutzberg explique qu’il est possible pour un utilisateur, par exemple dans son auto, de marquer un point d’intérêt, bloquer ou débloquer une rue, changer le nom d’une rue, etc. et, une fois à la maison branché sur son ordinateur, de téléverser ces changements chez TomTom. De la même manière, il est aussi possible de télécharger des informations recueillies par d’autres utilisateurs. Selon une vidéo disponible sur YouTube, on explique que l’on peut télécharger des données selon différents critères (changements effectués par peu d’utilisateurs, par de nombreux utilisateurs, changements votés, etc.), ce qui assure un certain contrôle de la qualité des données par la masse, un peu comme dans Wikipedia. Par contre, Joe Francica souligne que dans le cas de Map Share de TomTom, il s’agit bel et bien d’une société privée qui bénéficie de l’aide du public pour améliorer la qualité de sa base de données, qui est par ailleurs sous license et payante. Et ce n’est pas fini… NavTeq vient d’annoncer qu’elle veut prendre le virage aussi.
Finalement, des questions sur le désir des utilisateurs de participer à de tels projets, qu’ils soient OpenSource ou de sociétés privés se posent. Qui voudra bien prendre le temps de faire des modifications et les rendre disponibles aux autres ? et en bout de ligne, nous rapprochons-nous de la possibilité d’obtenir des données en temps réel ? Que l’on pense à signaler la position d’un accident qui vient de survenir, d’un embouteillage, ou encore d’un orage qui vient d’éclater… Les possibilités sont nombreuses et peut-être alléchantes finalement !
Cet article est un résumé tiré d’une baladodiffusion enregistrée le 27 août 2007 par Joe Francica (Rédacteur en chef pour Directions Media) et Adena Schutzberg (Rédactrice exécutive pour Directions Magazine).
Source: http://www.directionsmag.com/article.php?article_id=2537
Podcast : Challenges of User Generated Geo-Content (27 août 2007)
Résumé de: Nathalie Michaud.
Reproduit avec la permission de Directions Media.





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