
Les technologies géospatiales n’existent pas depuis très longtemps.
Cette année marque le 40e anniversaire d’ESRI et Intergraph, deux
éditeurs majeurs en géospatial. En cette courte période de temps,
plusieurs défis techniques ont étés relevés et réglés, et les SIG
continuent à accroitre son adoption à la fois dans les disciplines
scientifiques qu’aux applications pour le grand-public. Alors que les
SIG ont su remplir une grande partie de leurs promesses, plusieurs
frontières restent à explorer.
Il existe un certain niveau de maturité dans le développement de
technologies géospatiales car plusieurs de ces frontières ont été
cernées et décrites. Les recherches et développements continuels des
chercheurs du monde académique, gouvernemental et des entreprises se
poursuivent à un rythme soutenu, mais des défis techniques demeurent
bien présents. Alors que le chemin pour y arriver peut être difficile,
il est important de garder ces objectifs ultimes en vue. Ci-dessous, de
courtes descriptions de certaines de ces frontières accompagnées avec
quelques détails sur ce qui deviendrait alors possible si les défis
sont relevés et de quelques explications rudimentaires sur les
problèmes à adresser. Il ne s’agit certainement pas d’une liste
exhaustive, et les commentaires et suggestions sont bienvenus afin de
bonifier cette liste pour obtenir un portrait plus complet.
(Le présent article est une traduction de l'article "What are some of the technological frontiers for GIS advancement?" de Matt Ball, parue le 20 février 2009 sur Vector1)
Intégration 3D
Nous avons pu observer ces derniers temps des développements très
fascinants en ce qui concerne la visualisation 3D. La masse
impressionnante de modèles urbains 3D de haute résolution, par
Microsoft, Google et autres en est certainement la preuve la plus
notable. D’aussi riches données stimulent la demande pour des capacités
3D encore plus grandes. L’augmentation du réalisme de ces
environnements 3D augmente la prise de conscience et les interactions
intuitives, ajoute plus de contexte et contribue à une meilleure
compréhension.
Ce qui manque toujours, c’est le passage sans coutures entre la
visualisation à l’échelle géographie et le réalisme détaillé pouvant
inclure les intérieurs des bâtiments. La combinaison des modèles et
produits des SIG, CAD et BIM est un objectif bien défini dans
l'industrie. Un large et international consortium de fournisseurs et
d'utilisateurs travaillent ensemble pour relever ce défit, sous la
supervision et avec l’appui de l’OGC (Open Geospatial Consortium). Il y
a également des fournisseurs de logiciels tels que Safe Software qui
travaillent à traduire et transformer (ETL) ces données, comme et dans
un tout.
L’interopérabilité des formats et modèles de données représente le
premier pas vers la création de modèles continus et intégrés à toutes
les échelles et combinant l’intelligence du BIM et des CAD en vue d’en
arriver au prometteur concept de modèles 3D intelligents.
SIG temporel
L’une de ces frontières est l'addition de l’élément « temps » aux
données géospatiales. Les SIG temporels incorporent les dimensions X, Y
et Z aussi bien que le temporel pour une représentation 4D qui peut
s’apparenter encore plus à la réalité. Le temps incorpore les éléments
mobiles de notre monde afin d’éviter l'abstraction cartographique afin
directement modéliser les processus dynamiques.
Imaginez la pertinence que vous gagneriez si vous pouviez ralentir et
accélérer le temps afin de révéler les processus de la terre, et
modéliser plus directement le déplacement des populations. Nous avons
déjà les jeux vidéo qui peuvent imiter et modéliser la physique de
notre planète. Ne serait-ce pas grandiose de saisir notre monde dans un
riche réalisme, et le combiner avec d'autres observations sur le
mouvement et l’interaction d’autres éléments, y compris l’aspect
météorologique ?
Des percées ont été faites pour illustrer des séries chronologiques
animées sur des données spatiales sur de petites géographies, mais le
progrès vers un large SIG temporel est une tâche accablante. La
quantité de données nécessaire à la concrétisation d’une telle vision
est colossale. Actuellement, un des plus puissants ordinateurs du monde
(le Earth Simulator au Japan) est chargé de traiter des jeux de données
temporels afin de modéliser les changements environnementaux. L'idée
d'un modèle interactif à grande échelle avec des niveaux de détails
réalistes, incluant un système d’information géographique, exigerait ce
genre de superordinateur même pour une très petite ville.
SIG en temps réel
Les technologies géospatiales dévoilent avec une clarté inégalée les
événements alors qu’ils se déroulent. Cette décennie a vu des percés
proéminentes des outils géospatiaux pour les mesures d’urgence et
l’intelligence militaire géospatiale parce que ces outils procurent «
une conscience situationnelle » qui constitue la base à l'action
multi-agences afin d’atténuer les effets néfastes de l’avènement d’une
situation. La vision ultime pour des SIG en temps réel est de pouvoir
intégrer la perspective et les données de tous les acteurs en une
interface commune afin d'obtenir la réponse le plus rapidement et
efficacement possible.
Le Web en tant que « capteur » joue un grand rôle dans
l’accomplissement de la vision du SIG en temps réel. Des percés sont
faites pour intégrer les flux vidéos et les capteurs environnementaux
dans un environnement SIG et relier ces retours d’informations terrain
à l’instrumentation dans l’espace (en orbite) afin d’obtenir une
compréhension plus large et profonde des événements pendant qu'ils se
déroulent. Beaucoup d'éléments d’un SIG en temps réel sont déjà en
place, y compris des possibilités de suivi, mais la frontière se situe
dans l’intégration et la combinaison des multiples flux d’informations
alors que l’action se passe.
Le Web sémantique
L'idée du Web sémantique est en grande partie l'invention de Tim
Berners-Lee, qui est crédité avoir lancé le concept du World Wide Web.
L'idée est que le Web évoluera en tant que médium pour l'échange de la
connaissance à un tel point qu’il comprendra les requêtes tant des gens
que des machines afin que nos ordinateurs puissent mieux trouver,
partager et combiner les informations. Les données géospatiales sont
une composante clé de cette vision, parce qu’une compréhension
géospatiale représente un différentiateur majeur pour la pertinence des
données et pour permettre à des machines de comprendre le commerce.
L'idée d’agents intelligents n’est pas nouvelle, l’idée de maximiser la
puissance des ordinateurs afin de trouver l'information la plus
pertinente pour nous. Le facteur clé du Web sémantique est de
rationaliser et accélérer les interactions avec mois de temps et de
réflexion. Une composante clé afin d’accélérer les interactions touche
la proximité et la découverte des services les plus appropriés et les
plus près de notre position actuelle. La provenance de l'information
joue également un rôle dans notre niveau de confiance face à cette
information, ce qui est un thème majeur adressé dans l'organisation du
Web sémantique.
Beaucoup de travail est en cours pour ajouter la composante « où » à
l'information Web. La création du Web sémantique repose en grande
partie dans les mains des fournisseurs de moteurs de recherche qui
travaillent à relier le catalogue d'information du Web à leur
localisation géographique. Alors que les points d'intérêt physique ont
été catalogués correctement, il faut faire des progrès dans la
catégorisation des métadonnées et l’automatisation de la découverte de
la position de l'information.
Analyse de l’imagerie
Avec l'augmentation des moyens de saisie d’imagerie aéroportés et dans
l'espace, la quantité d’imagerie disponible augmente exponentiellement.
Faire parler toute cette information est un défi intimidant. Il y a
bien des avancées en ce qui concerne le catalogage, le stockage et la
recherche dans de larges quantités de données matricielles, de progrès
restent à faire dans l'extraction d'information de cette imagerie.
La détection du changement à même plusieurs images de la même scène,
prise à différents moments est un objectif poursuivi par beaucoup de
chercheurs. L'analyse de l’imagerie est une discipline qui a été
initiées par les praticiens militaires longtemps avant l'idée des SIG,
et beaucoup de temps et de ressources ont été consacrés à maximiser les
machines et améliorer l’analyse de données matricielles. Tandis qu'il y
a un grand nombre d'algorithmes et de méthodes pour comparer les images
afin de détecter le changement, la gamme d'outils géospatiaux doit
évoluer afin que cela devienne plus facile et intuitif.
Analyse spatiale
Le raisonnement et l'analyse spatiale sont des aspects importants des
technologies géospatiales, pourtant, la plupart des praticiens ne font
qu’effleurer la surface des statistiques spatiales et de « l'algèbre
cartographique » qui pourtant, pourraient apporter d’uniques
révélations. Pendant que la carte est décrite comme étant la nouvelle
interface des applications mobiles, il y a un grand écart entre les
cartes comme interface et la riche compréhension que penser «
cartomathiquement » pourrait procurer.
Il y a beaucoup de complexité dans l’analyse de l'information
géospatiale, et la nature variable de la localisation suppose que
beaucoup d'erreurs peuvent se produire si la bonne méthodologie n'est
pas appliquée. La rigueur exigée par l'analyse spatiale montre que
c'est une tâche longue et complexe.
L’un des problèmes constant avec les technologies géospatiales dans son
ensemble est le manque de géomaticiens de formation qualifiés pour
pousser les limites de ce que la technologie est capable d’offrir, et
ce manque en connaissance est soit plus grand dans ce volet complexe de
l'analyse spatiale. Il y a un grand besoin en recherche dans la
simplification et l'automatisation de l'analyse spatiale afin que
l’offre en outils géospatiaux puisse générer encore plus de réponses.
De temps en temps, quand je deviens un peu suffisant au sujet de
l'avancement de notre industrie, je dois penser à l'énorme potentiel
des technologies géospatiales. Chacun de ces défis scientifiques et
techniques est réalisable de notre vivant. L'état actuel de la pratique
géospatiale a parcouru beaucoup de chemin depuis que ces outils ont été
conçus, mais nous ne faisons qu’effleurer la surface de la quantité
d’intelligence et de savoir qui pourrait émerger des avancées qui sont
encore à venir.





Commentaires
Poster un nouveau commentaire