Pour un média francophone exclusivement dédié à l’industrie du géospatial, le Géo-Événement est un « must ». BALIZ-MEDIA.com était l’un des quelques partenaires média de la 20ème édition du Géo-Événement, qui se tenait à Paris la semaine dernière, du 8 au 10 avril 2008.
Je me suis donc rendu à Paris (que voulez-vous, quelqu’un devait se sacrifier !) afin de couvrir l’événement, y participer un peu officiellement et beaucoup non officiellement (en coulisse). J’en profite ici pour saluer tous les lecteurs de ce magazine qui n’ont pas hésité à me saluer, et saluer le travail de l’équipe (Nathalie et David) pour l’animation et l’alimentation quotidienne de notre magazine gratuit. Positifs comme négatifs, tous vos commentaires constructifs étaient les bienvenus.
Ortech, organisateur du Géo-Événement, était appuyé pour cette 20ème édition par trois principaux partenaires qu’il est important de nommer ici : Articque, l’IGN et Microsoft Virtual Earth.
AU PROGRAMME
Le programme (Géo-conférences, animations et événements associés) se déroulait parfois dans 3 salles simultanément, et le grand espace des exposants comptait en plus 3 zones de présentation.
En Géo-conférences, le programme offrait la session Webmapping le mardi, les sessions Géostatistiques et Télédétection le mercredi, et les sessions Qualité, Open Source et 3D le jeudi.
Du côté de l’animation et des événements associés, notons la présence d’une zone de présentation pour le Village Open-Source, pour le Village GMES et pour le Géo-Café. Deux concours se déroulaient également pendant le salon, soient le Concours Geo-Online, et le Concours Géo-Grenelle.
Félicitations à Aquivéo qui a gagné du côté du concours Geo-Online et dont les responsables se sont empressés de nous en aviser.

Le très authentique Bruno Scott de GEOMAP, dans le village Open Source.
Outre le temps à discuter avec les exposants, j’ai dû faire des choix parmi toutes ces activités et présentations. Le texte qui suit ne couvre donc que les faits saillants de ce que j’ai vu, entendu et vécu personnellement. Les autres partenaires média et la blogosphère francophone viendra sûrement couvrir d’autres sujets, sous d’autres aspects…
JOUR 1: MARDI 8 AVRIL
La table ronde « API des globes virtuels, outils de développement commerciaux... quels choix pour les chefs de projets ? » qui regroupait Patrick Leboeuf (IGN), Arnaud Gstach (Microsoft), Christophe Tourret (ESRI France), et Gwenaël Bachelot (Autodesk), a clôturé la première journée du Géo-Événement.
J’ai blogué sur le sujet dès le lendemain, et ce que j’en pensais la semaine dernière demeure aujourd’hui :
En fait, pas ou peu de débat, peu ou pas de choc d'idées, peu ou pas de philosophie individuelle. Mais qu'est-ce qui se passe? En fait, que du positif. Les quatre intervenants étaient souriants, sûrs de leur approche et de leur offre et confortables à se côtoyer!
Elle est là, la nouvelle. Dans le fait que chacun se positionne de mieux en mieux, que les stratégies sont différentes, mais complémentaires, que les entités se parlent et collaborent, parce que le milieu compétitif d'aujourd'hui et la circulation de l'information (comme le fait ce magazine) obligent tout le monde à faire sa niche et ne plus tout prétendre et/ou en promettre trop.

Arnaud Gstach, Gwenael Bachelot, Christophe Tourret, Patrick Leboeuf
ESRI n'impose plus absolument toute sa gamme, soutient avoir les meilleurs outils de production et d'analyse mais lève son chapeau à la réussite de globes 3D comme MS Virtual Earth et Google Earth pour la visualisation et la découverte de l'IG par monsieur tout le monde. Leur ouverture via REST et l'API Flash/Flex est lucide et prometteuse...
L'IGN poursuit ses efforts et le Géoportail rendra disponibles bientôt trois API (Web 2D, Pro 2D et plus tard Web 3D). Je ne sais pas quel genre de succès celles-ci connaîtront, mais il faut reconnaître que c'est ce qu'il fallait faire pour espérer maximiser l'existence même du portail... Note : le lendemain (aujourd'hui) Microsoft annonçait en grande primeur une entente avec l'IGN pour intégrer de l'imagerie dans VE.
Microsoft est bien positionné, signe des ententes (IGN), discute avec les deux autres et sourit à l'idée de voir bientôt arriver SQL Server 2008 avec des capacités spatiales.
Autodesk, avec ses implications dans l'Open Source d'un côté, et de l'autre, l'explosion prochaine du BIM/CAD/3D (voir l'article de cette semaine sur ce sujet) avec et vers les SIG, se retrouve dans une position unique en profitant de plus d'un courant.
Alors, que choisir pour les chefs de projets entre les API des globes virtuels et les outils de développement commerciaux? ... des chefs de projets qui savent choisir!
J’ajouterai qu’il y a de moins en moins, ou pas vraiment de mauvaises technologies, surtout en 2008, et ce, grâce à la place qu’occupent les SGBD (spatiaux ou non), l’interopérabilité en général et certains efforts de l’OGC. C’est une question de contexte et heureusement, le choix technologique n’est qu’un facteur parmi une bonne dizaine (public cible, expertise en place, délais, budget, aval et support de la direction, état des données, collaboration des TI, infrastructure technologique déjà en place, disponibilité et qualité du partenaire/fournisseur, etc. ). En France, peut-être que l’APCIG (Association Professionnelle des Consultants Indépendants en Géomatique) peut vous aider à considérer tout le contexte… une telle association serait profitable pour le Canada, nous voudrions y adhérer !
JOUR 2: MERCREDI 9 AVRIL
J’ai eu le plaisir d’animer une des sessions de l’avant-midi de la seconde journée: Une table ronde organisée par le SPDG (Syndicat Professionnel de la Géomatique) "afin de débattre de la tendance qui se développe, de la participation des usagers à la mise à jour de bases de données, notamment cartographiques".
Portant le titre de "Géographie participative, mythe ou réalité" les invités provenaient de Tele Atlas, NavX et Dismoioù. Stéphane Roche, de l'Université Laval, a par ailleurs offert une synthèse en fin de séance.
Ce sont messieurs Michel Serbah et David Barbier de Tele Atlas qui ont débuté la séance. Ils ont souligné que Tele Atlas détenait 62% du marché de la navigation personnelle en Europe, et 80% en France. Outre les segments routiers (8 millions de km en Europe dont 1,4 en France), leur cartographie compte 12,1 millions de POI (Points of Interest) en Europe. Grâce à leur outil en ligne « Map Insight » très simple et très convivial, Tele Atlas se montre très ouvert à bénéficier du savoir qu’ont les usagers finaux de leurs données. Par contre, Tele Atlas se doit de conserver toute la rigueur nécessaire à garantir la qualité de leurs données et, même si les observations provenant des usagers sont les bienvenues, elles passeront par des processus de qualité. Il n’est pas question ni souhaitable pour l’instant de voir des versions hybrides qui montreraient les modifications suggérées en temps réels. Je pense que tous sont conscients que Tele Atlas doit davantage être vu comme un grossiste en données (B2B ou B2B2C) et que leurs partenaires sont peut-être mieux placés pour recueillir l’input de leurs usagers respectifs (TomTom, Google, Sprint, BMW, etc.).
Pierre-Antoire Durgeat (voir notre article découlant d’une entrevue avec M. Durgeat ici) de Dismoiou a ensuite parlé de sa riche expérience et de sa plate-forme technologique (et site) qui favorise la collaboration des usagers pour commenter et bonifier un contenu local. M. Durgeat sait comment maximiser l’intelligence collective et locale des usagers. En échange de son service gratuit (pour les individus), Dismoiou maximise l’envie de certains usagers (des milliers de contributeurs) à « mousser leur réputation et leur expertise dans le local, leur milieu de vie ». L’objectif de Dismoiou est d’impartir sa plateforme dans une multitude d’autres sites qui bénéficieraient tous de la même information bonifiée par les usagers et gérée par le propriétaire du lieu en question, lorsque c’est possible. Il s’agit là d’un beau potentiel à quatre : la plateforme de Dismoiou, des sites hôtes (journaux locaux), des usagers heureux et collaboratifs et des propriétaires de certains points disposés à se payer de la publicité locale (voir notre article sur le « Local Search »).

Période de questions suite à la table ronde sur la géographie participative.
Ensuite, Monsieur Cherbonnier de NavX, société qui fait partie des 100 startups d’avenir selon le média en TI Red Herring, venait parler de son modèle d’affaires et de l’offre de NavX. Alors que Dismoiou surfe sur la vague du « Web 2.0 - social », chez NavX, on mise surtout sur la navigation personnelle, les GPS, la mobilité, les transports… Grâce à une plateforme Web, les usagers peuvent préparer des voyages et des tournées afin de recueillir ce qui est important et pertinent pour eux, et ainsi téléverser cette information sur leur GPS/PND. Il s’agit de bonifier l’offre des GPS en y ajoutant des points, des lignes et même des zones. NavX maximise le meilleur des deux mondes, des données commerciales bonifiées et actualisées par du UGC (User-Generated Content) pour ainsi obtenir ce que M. Cherbonnier appelle de l’information « optimisée ».
Stéphane Roche, suite aux présentations et en faisant appel à ses connaissances sur le phénomène, a plutôt conclu en faisant la nuance suivante « Il y a peu ou pas vraiment de géographie participative, mais il y a certainement de plus en plus de contributions à la localisation ». Effectivement, si l’on considère que la grande majorité des observations et modifications suggérées par la masse d’usagers concerne des attributs descriptifs ou des entités ponctuelles, on est loin de la notion de « géographie » et plus près de la simple « localisation ». De plus, les sérieux et nécessaires mécanismes de modération face aux modifications venant des usagers par les maîtres d’œuvre démontrent certes une ouverture à la contribution volontaire, mais pas encore activement participative.
Je pense que les auditeurs ont beaucoup apprécié cette séance et je souligne au passage le bon coup que le SPDG a fait en mettant sur pied cette table ronde avec ces quatre invités ... et je ne parle pas de l’animation; J’ai dit à peine 28 mots tellement ces 2h30 étaient chargées et ont passé vite.
JOUR 3: JEUDI 10 AVRIL
Lors de l’après-midi du troisième et dernier jour du Géo-Événement, j’ai assisté aux présentations de la délégation de la région de Québec dans la zone Géo-Café. L’occasion était belle pour l’Université Laval et l’organisme de développement économique PÔLE Québec Chaudière-Appalaches de participer à l’événement. Les deux organismes animaient également un stand et ont pu répondre aux questions des visiteurs tout au long de la semaine.

Présentation du nouveau positionnement du CRG par Yvan Bédard.
Les présentations du département des sciences géomatiques, qui fêtait son 100ème anniversaire en 2007 (voir notre article ici), du Centre de recherche en géomatique (CRG) et du Réseau GEOIDE ont ensemble démontré la place que la région de Québec occupe dans le domaine de l’éducation et de la recherche. Ces présentations avaient comme objectif de présenter l’offre aux étudiants considérant des études en géomatique à Québec et d’explorer des possibilités d’échanges et de partenariats avec d’autres universités et centres de recherche.
Quant à l’organisme PÔLE, il s’agissait d’une première démarche hors-Québec afin de présenter un projet 2008 qui consiste en la création d’un « Centre de l’industrie du géospatial », qui vise à capitaliser et maximiser la présence régionale d’intervenants de tous types, tant du côté de l’offre que de la demande, dans l’industrie du géospatial (éducation, recherche, développement logiciel, création de données, intégration, innovation, commercialisation, etc.).
EN CONCLUSION
C’était ma première participation au Géo-Événement et l’occasion de rencontrer des gens avec qui j’ai déjà échangé des courriels, des individus dont notre magazine a déjà parlé, et des personnages influents dans l’industrie et en France. Je salue d’ailleurs les exposants qui ont investi dans cet événement, et j’espère que cela leur sera profitable, car la commercialisation, c’est le nerf de la guerre!
J’ai grandement apprécié l’événement et je remercie les organisateurs, principalement Ortech, d’avoir accueilli en tant que partenaire presse le nouveau BALIZ-MEDIA.com. À l’année prochaine, j’espère.





Commentaires
Les gens du SPDG ont fait un travail de moines en faisant la retranscription de l'activité "Géographie participative, mythe ou réalité?" qu'ils avaient organisée.
Pour les intéressés, voir le fichier .pdf qui relate tout le déroulement de l'activité qui avait duré 3 heures.
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