La conférence francophone SIG 2007 d’ESRI France s’est tenue à Versailles les 10 et 11 octobre dernier. Quelques 1384 participants, 60 partenaires et l’équipe d’ESRI France ont animé l’événement durant les deux jours avec la présentation de 110 communications, un salon des exposants et quelques activités sociales.
SIG 2007 aura été pour nous la première participation en tant que partenaire média à un événement touchant notre industrie du géospatial. Quoi de mieux, pour un magazine de langue française comme Directions Magazine, qui vient tout juste d’être lancé ce mois-ci, que de « casser la glace » en France, et qui plus est, pour un événement du pionnier qu’est ESRI!
L’offre d’ESRI
Le premier constat, et c’est ainsi depuis plusieurs années, c’est que l’offre ESRI est imposante, bien segmentée mais à la fois aussi de plus en plus intégrée.

Détails sur la gamme ArcGIS [grand format (.pdf)]
Bien sûr, beaucoup de choses ont été dites et écrites sur ESRI et sur sa gamme ArcGIS 9.2.
Les termes « concevoir - servir - consommer », constamment utilisés lors des présentations, distinguent assez bien les actions et technologies propres à l’expert SIG et celle des simples usagers.
Concevoir
Les SIG bureautiques (ArcGIS Desktop) que sont ArcView, ArcEditor et ArcInfo profitent tous d’une architecture commune, dont le stockage et le traitement des DRS à même des « géodatabases ». Ces différentes saveurs d’ArcGIS se distinguent par la quantité de fonctions disponibles, leurs capacités de traitement et bien sûr, le prix.

Les sessions techniques plénières animées par Christophe Tourret [grand format]
ArcGIS Desktop permet donc de préparer les données et les couches afin de concevoir les cartes ou projets.
Servir
Côté serveur et Web, l’offre d’ESRI est composée de ArcIMS, ArcGIS Server et ArcGIS Image Server. En ce qui concerne ArcIMS, malgré une large base d’installations (plus de 50 000 serveurs installés) et certaines caractéristiques encore absentes sur ArcGIS Server (catalogue de métadonnées, support du WFS et intime relation avec la solution logistique ArcIMS Route Server), j’ai l’impression que ses jours sont comptés. Son architecture, d’une autre époque, ne s’apparente que très peu avec la gamme ArcGIS. D’ailleurs, sur le site Internet d’ESRI USA, ArcIMS n’est pas mentionnée sur le schéma synthèse de l’offre et il faut chercher pour trouver sa fiche produit. Il en a d’ailleurs été peu, voire pas du tout question dans toutes les présentations techniques lors de SIG 2007. Voici tout de même quelques explications données par ESRI France sur son site à la question « Pourquoi choisir ArcIMS? ». ESRI mise définitivement sur ArcGIS Server pour graduellement évoluer de ArcIMS vers ArcGIS pour la diffusion sur le Web.
Ce qui m’a toujours professionnellement passionné, c’est la relation entre expert SIG (pas nécessairement programmeur) et simple usager (citoyen, client, professionnel, collègue). On retrouve de plus en plus de solutions technologiques sur le marché qui permettent la diffusion sur le Web (Internet, Extranet, Intranet). Il est maintenant courant de diffuser et de mettre en ligne des DRS, des cartes, voire même des applications cartographiques offrant diverses fonctions selon la pertinence et l’expertise de l’usager final. Il est également de bonne pratique de permettre la diffusion et/ou la connexion à des DRS et des cartes véhiculées selon les normes OGC que sont WMS, WFS et même WCS.
Par contre, ESRI va un peu plus loin en offrant encore plus de possibilités. Là où ESRI se distingue, c’est par la conception, en mode « desktop », de géo-traitements et en permettant leur réutilisation sous forme de service Web en mode « desktop » bien-sûr mais également de façon intégrale à même des applications Web.
Je m’explique avec un exemple : Disons qu’il est souhaité qu’un usager final puisse cliquer sur une carte, afin d’obtenir la liste des trois tours de télécommunications les plus près d’un lieu. Tout d’abord, le concepteur modélise et teste un géo-traitement, qui effectue la tâche souhaitée, à même ArcGIS Desktop. Il peut ensuite rendre disponible son nouveau géo-traitement à même une application Web conçue et servie par ArcGIS Server, et ainsi en faire bénéficier l’usager final ayant un travail à accomplir.
Consommer
Bien sûr, les outils les plus puissants pour consommer ce qui est rendu disponible demeurent les SIG bureautiques d’ArcGIS. Dans un contexte purement Web, les applications de cartographie interactive à même les navigateurs Internet demeurent la méthode la plus simple et économique pour rejoindre une grande quantité d’usagers finaux.
De plus, ESRI se distingue encore une fois des autres joueurs conventionnels avec son application gratuite ArcGIS Explorer que l’on peut télécharger et installer en mode local (Voir le billet de Christophe Tourret sur le blogue arcorama annonçant la disponibilité toute récente de la version française). Ce logiciel, dont les récentes versions sont clairement et positivement influencées par Google Earth (joueur plutôt non-conventionnel), tire sa géographie de base de serveurs ArcGIS. Les géo-traitements (notion abordée plus haut) peuvent non seulement s’insérer à même des navigateurs Web issus d’ArcGIS Server mais également à l’intérieur de l’interface ArcGIS Explorer.
Je pense personnellement qu’ESRI devrait continuer à mettre des efforts dans ce type d’applications client, d’abord parce que les gens en raffolent et connaissent déjà bien le fonctionnement mais aussi et surtout, parce que ArcGIS Explorer peut tirer le maximum de ce que des serveurs ArcGIS peuvent et pourront offrir (cartographie d’une possible qualité illimité, contenu original et accès aux géo-traitements).
Et 9.3 ?
La gamme ArcGIS 9.3 devrait être disponible à la fin du premier trimestre de 2008 et durant le second trimestre pour les versions en français. En passant, ESRI Canada bénéficiera du résultat des travaux de traduction/localisation fait par ESRI France également vers la mi-2008.
La version 9.3 ne sera pas aussi révolutionnaire que le passage de 9.1 à 9.2 mais plutôt une continuité. Il est question du perfectionnement de l’architecture de l’intégration entre tous les produits (ArcGIS Image Server par exemple), de l’ouverture vers d’autres SGBD (ProstgreSQL, DB2 et SQl Server 2008), ainsi que de l’apparition d’une API exploitant l’approche REST.
Ce que je retiens de l’offre d’ESRI, c’est que les outils et possibilités ne cessent de croître. C’est aussi que les utilisateurs d’ArcGIS Desktop ont la possibilité de réaliser de plus en plus et de mieux en mieux toutes les tâches reliées à la préparation des DRS et des cartes mais surtout celles reliées à l’analyse et à la communication de cette information.
Ce qui rend ESRI si unique, c’est l’étendue et la profondeur de son offre. J’ai toujours pensé que l’offre d’ESRI représentait et justifiait à elle-seule le métier et la profession de « power-user » SIG et d’administrateur de base de données référencées.
Un entretien avec Rony Gal

Denis Carra reçoit le prix spécial SIG 2007 des mains de Rony Gal [ grand format]
ESRI France compte plus de 120 employés et est en pleine croissance. Les collectivités locales sont leur plus grande clientèle (33%). Les marchés de la mobilité et des applications d’intelligence d’affaire comme SAS, IBM, Business Objects (maintenant SAP!) et SAP consomment aussi de plus en plus de géomatique signée ESRI.
La nouvelle démarche est clairement axée vers des « solutions ». Une solution, c’est bien sûr des technologies mais aussi du contenu, des services et du savoir-faire métier, souvent fourni par les partenaires. L’offre de Cartosphère est un exemple de réussite et de démocratisation en venant, lorsqu’applicable, alléger le fardeau économique souvent reproché à l’acquisition des DRS dans tout projet SIG.
J’ai eu la chance de m’entretenir avec le président d’ESRI France, monsieur Rony Gal. D’entrée de jeu, monsieur Gal flatte mon égo « géo-politique » en soulignant la renommée du Canada en matière de géomatique et à quel point le pays à joué et joue toujours un rôle de pionnier, en particulier par la vivacité du volet francophone. D’ailleurs, deux des employés clés dans l’histoire d’ESRI France sont passés par l’Université Laval (Québec) pour y parfaire leur formation, fin 80, début 90. Il enchaîne en disant apprécier le fait que, au Canada et au Québec, le métier de « géomaticien » est bien reconnu et que l’information géographique est valorisée.
M. Gal est clairement préoccupé par le manque de reconnaissance du « métier » et de la valeur stratégique de l’information géographique. Outre la grande responsabilité de gérer les destinées d’ESRI France, M. Gal pose constamment des gestes pour valoriser la discipline de la géomatique auprès et avec les instances gouvernementales, d’organismes comme l’Afigéo et le monde de la recherche et de l’éducation.
Un petit « scoop »
La nouvelle avait circulé un peu en coulisse, c’est officiel, le très dynamique Christophe Charpentier (voir son blogue GeoData Blog) de Cartosphère, filliale d’ESRI France, rejoindra l’équipe de la maison mère à Redlands, CA.
En effet, il faut croire que l’exemple Cartosphère soit un modèle d’intégration des capacités technologiques d’ESRI ainsi qu’un exemple marketing quant à la qualité et la clarté de l’offre en un mode « services Web ». Bref, ESRI Corp. sent le besoin de monter une offre globale et mondiale avec l’aide d’une ressource comme Christophe Charpentier.
La vie de château
Sérieux contenu, oui, mais aussi un lieu unique, des gens heureux d’être présents ainsi que des pauses et des repas typiquement français, variés et copieux, tout au long de l’événement.
Alors je lève mon chapeau à ESRI France pour l’organisation et la tenue d’un tel événement qui attire annuellement de plus en plus de participants de partout dans le monde, même du Canada! Lors de ces deux jours, en plus d’éduquer sur les versions actuelles et prochaines de ses technologies, ESRI partage la scène avec ses partenaires et clients qui exposent fièrement leurs produits, services et partagent leurs réalisations.
Merci particulièrement à Jean-Michel Cabon et son équipe rapprochée pour l’accueil et l’assistance qu’ils ont su offrir à moi personnellement, ainsi qu’à tous les participants, tout au long de la conférence, et encore bravo pour cet événement réussi. Après seulement une participation, c’est déjà un classique pour moi et un incontournable dans l’industrie du géospatial en France et en Europe.
Reproduit avec la permission de Directions Media.
Rédigé par Luc Vaillancourt, BALIZ inc. en octobre 2007 pour Directions Magazine français.






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