J’ai assisté pour la deuxième année consécutive à la conférence francophone d’ESRI France à Versailles les 1 et 2 octobre. Maintenant à sa 12e édition, l’événement soulignait aussi le 20e anniversaire d’ESRI en France, lancé et toujours sous la gouverne de Rony Gal. Franc succès, augmentation en chiffres sous tous ses aspects, SIG 2008 a été un événement majeur que je vous résume ainsi :
Bel accueil
L’accueil à SIG 2008 est facilité par la présence d’employés d’ESRI France, coordonnés par Jean-Michel Cabon et Françoise Lopez, ainsi que par des étudiants de la spécialité CARTHAGEO-PROFESSIONNELLE de l’ENSG, tous vêtus d’un polo rouge pour bien les identifier. L’embouteillage est évité le matin du 1er octobre, alors que 1 300 personnes se présentent avant 9h20 pour assister à l’ouverture de la conférence par Rony Gal.
D’autres polos rouges nous attendent à l’étape suivante, après avoir reçu ma badge « presse », afin de récupérer le sac à dos remis à chaque participant et dans lequel on retrouve des documents d’ESRI ainsi que ceux des différents partenaires de l’événement, et ils étaient nombreux : quatre-vingt-dix (voir la liste ici).
Quelle joie de recevoir notre sac des mains de gens dévoués et souriants, bref, heureux d’être là. Pour la quatrième année déjà, ESRI France a confié la préparation des quelques 1 600 sacs à dos ainsi que leur remise aux participants lors de la conférence à Versailles aux travailleurs de l’ESAT d’Alembert et de l’ESAT Copernic (ESAT pour Établissements et services d'aide par le travail). Belle initiative d’ESRI France et exemple à suivre.
De grands témoignages
Après avoir accueilli et remercié les nombreux participants réunis dans l’amphithéâtre, Rony Gal, PDG d’ESRI France a cédé la parole à son invité Alex Miller, PDG d’ESRI Canada. M. Gal était venu nous parler de la France et des activités d’ESRI France en avril dernier, à Québec, lors de la journée des utilisateurs ESRI.

Rony Gal ouvre la conférence 2008 (Source : H. Halbout (HC)).
Alex Miller a relevé le défi et fait sa présentation dans un excellent français, où seuls les mots finissant en « an » sonnaient un peu québécois. Après une leçon de géographie 101 sur le Canada, la table était mise pour expliquer et justifier pourquoi le deuxième plus grand pays du monde regorgeant de ressources naturelles était un si grand usager des SIG, un si grand client des produits ESRI. Une animation nous a montré l’évolution de 1983 à aujourd’hui de la répartition géographique des quelques 12 000 clients d’ESRI au Canada. Bien que les exemples donnés aient montré la modernité et la variété des usages au pays, ils n’ont pas vraiment fait ressortir l’avance du Canada, un fait plutôt historique propre au siècle précédent, et qui tend aujourd’hui à disparaître, face à des pays comme la France.
Hubert Reeves, qui venait de découvrir l’existence des SIG le matin-même, représentait le plus grand nom de la gamme d’invités. La sommité mondiale a donné une conférence plutôt générique et simple à comprendre. Après les grands chocs qu’a connus la terre tout au long de son existence, la prochaine menace, c’est nous, l’homme! Les gens semblent avoir aimé mais je suis resté sur ma faim, sans doute une question d’attentes trop élevées. Un beau geste de la part de Monsieur Reeves aurait été de ne pas distribuer systématiquement à la sortie de la salle 1 300 dépliants parlant de son association et ainsi sauver quelques arbres. Une diapo PowerPoint avec l’adresse www.roc.asso.fr aurait été une démarche plus conséquente et suffisante. Alors pour être à la mode et neutraliser ce gaspillage de papier (carbon neutral), n’imprimez-pas cet article SVP.
Hervé Buchwalter, PDG de Spot Image, a quant a lui parlé de l’incroyable montée en flèche de l’utilisation de l’imagerie, de ses bienfaits uniques et du fait de pouvoir observer la terre et analyser les grands phénomènes qui s’y passent. Cette utilité, Spot Image, ESRI et quelques autres entreprises et partenaires ont voulu la partager et la rendre accessible grâce à l’initiative Planet Action. Planet Action souhaite assister les ONG, les universités et autres institutions par le don d’images d’observation de la Terre, d’information géographique et d’expertise afin qu’elles étudient et puissent agir contre le réchauffement climatique. Plus d’une quarantaine d’ONG travaillent sur des projets soutenus en partie par Planet Action dans les domaines d’intérêt suivants :
- l’impact sur les populations et l’habitat;
- la sécheresse, la désertification et les ressources en eau;
- la végétation, la biodiversité et les écosystèmes;
- les océans;
- les glaces et la couverture neigeuse.

Foule dans. l'amphithéâtre Richelieu (Source : ESRI France)
Philippe Sablayrolles, responsable de la production cartographique MICHELIN Cartes et Guides complétait les interventions des invités spéciaux. M. Sablayrolles est venu nous raconter la véritable histoire de la production cartographique de cette vénérable maison d’édition, partie intégrante du groupe Michelin. Pour eux, la cartographie est une discipline d’exceptions, beaucoup plus que de règles. Les SIG s’y prêtaient plutôt mal et c’est pourquoi le passage à la production numérique s’est fait et est demeuré sur des outils CAD jusqu'à tout récemment. En effet, c’est avec l’arrivée d’ArcGIS 9.2 que Michelin a finalement adopté les SIG et choisi ESRI. Les activités se portent bien et pour compenser une certaine baisse dans les ventes de leurs produits, ils étendent leur couverture géographique et offrent maintenant de plus en plus de produits traitant de la nouvelle Europe de l’Est. J’ai particulièrement aimé le moment où il nous a expliqué candidement que Michelin se devait, dès les débuts de l’automobile, d’outiller les automobilistes afin de les stimuler à voyager et parcourir les routes le plus possible, le plus simplement possible. L’objectif, les faire user leurs pneus afin que Michelin puisse en vendre plus. Ainsi est née cette division Cartes et Guides de Michelin. Belle réalité typique du monde des affaires!
Des gagnants
Comme c’est la tradition à chaque année, Rony Gal a remis le prix spécial SIG 2008 d’ESRI France, cette fois-ci à Joel Daroussin, ingénieur de Recherche à l'INRA, enseignant et l’un des premiers utilisateurs d’ArcInfo en 1988. M. Daroussin a profité de la tribune pour livrer un message très personnel mais universel sur le rôle que les générations actuelles devraient jouer dès maintenant plutôt que de faire la morale et s’en remettre aux générations futures sur l’harmonie, l’entraide, le respect et l’environnement… peut-être le moment le plus fort de toute la conférence sur la scène de l’amphithéâtre.
Alors qu’il n’avait pu se rendre cet été à San Diego pour la conférence ESRI Inc., M. Gal s’est chargé de remettre à Yves Roynard de la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) le prix SAG (Special Achievement in GIS Award) pour la France, décerné par la maison mère.
Chaque année, ESRI France organise des concours pour souligner la qualité et l’originalité de la production cartographique et de l’exploitation des SIG par ses utilisateurs qui, pour participer, illustrent sur poster le résultat (carte et/ou processus). Les grands gagnants sont :
- Catégorie Esthétique : « Le paysage bas normand vu par un cerf » par Pierre Vigné et Sandra Védrenne (CETE Normandie Centre, Région Alsace);
- Catégorie Pédagogique : « L'évolution du bâti dans la communauté urbaine de Strasbourg entre 1976 et 2002 » par Matthieu Lavenn (ADEUS);
- Catégorie Opérationnelle : « L’élaboration d'un SIG historique sur la ville et la rivière » par Nicolas Charbonnier et Justine Ultsch (Mairie de Saint-Etienne);
- Concours de Géophotos : « Hiver breton » par Camille Pinet (IGN France International).
En tout, vingt gagnants, de la première à la quatrième place par catégorie, se sont partagé ces prix assez impressionnants et variés, gracieuseté de grands commanditaires.
De la technologie

Exemple d'application client fait avec l'API Flex d'ArcGIS
Server (Source : arcOrama/ESRI France).
L’arrivée de ArcGIS 9.2 à la fin 2006 marquait un grand bond en avant par rapport à la version 9.1. Dans la couverture que j’avais faite à mon retour de SIG 2007 l’année dernière, les notions de « concevoir - servir – consommer » pour expliquer la gamme d’ArcGIS ressortaient clairement afin de comprendre le rôle du SIG bureautique, des technologies serveurs et des différents types de clients, qu’ils soient eux-mêmes desktop ou alors, Web ou mobile.
L’arrivée de la version 9.3 en juin 2008 (en anglais) a principalement consolidé cette avancée, pour stabiliser, optimiser et encore mieux intégrer les technologies entre elles.
Nul doute sur la puissance de ArcGIS Desktop pour les experts, là où ESRI a fait sa marque depuis près de trente ans avec ArcInfo et ses dérivés. La version 9.3 continue tout de même à faciliter la productivité et mieux gérer les exceptions (comme le soulignait Philippe Sablayrolles de Michelin).
Là où, selon moi, ESRI a frappé fort cette année, c’est dans les ouvertures, les ponts et les méthodes mis à la disposition des intégrateurs pour faciliter l’interopérabilité et concevoir des applications… pour experts ou simple usagers. Appelez cela du marketing ou non, ESRI a vraiment bien communiqué tout au long de l’année les nouveautés autour du kit de développement d'applications Web (le Web ADF en .NET ou Java), du support des normes WMS, WFS et maintenant WFS-T (Web Feature Services Transactional) et WCS (Web Coverage Service) de l’OGC ainsi que de l’agile et populaire format .KML. La disponibilité de plusieurs APIs dont l’API REST (JavaScript, PHP, VB 6, …) et de l’API JavaScript et de ses extensions pour Google Maps et Virtual Earth viennent allier le sérieux des SIG à l’intérêt général des mashups et du GeoWeb. À cela s’ajoute la possibilité de créer des interfaces riches (RIA : Rich Internet Applications) en Flex/Flash (en Beta) et bientôt, Silverlight de Microsoft.

Richesse et diversité des différentes APIs (Source : Audrey Malherbe, Geoattitude).
Nous avons peu ou pas entendu parler de ArcGIS Explorer, le navigateur gratuit 2D/3D d’ESRI clairement dédié aux professionnels non experts ou aux citoyens/consommateurs. ESRI a misé un peu plus sur la possibilité de tirer le maximum des données et des géotraitements issus de ArcGIS Server à travers les navigateurs grand public universellement connus que sont Virtual Earth et surtout Google Earth...
La version française de ArcGIS Desktop 9.3 est disponible cette semaine, les autres produits comme ArcGIS Server et Mobile suivront dans les prochains mois. Beaucoup de choses ont été écrites sur la technologie et l’une des meilleures sources francophones pour rester à l’affut des nouveautés et des corrections de nouvelles versions et « service pack » demeure le blogue arcOrama d’ESRI France, animé par Christophe Tourret et Gaëtan Lavenu. J’ai rencontré ces experts et les ai entendu présenter et répondre aux questions de l’assistance. Ce sont de véritables encyclopédies vivantes qui n’hésitent pas à partager leurs connaissances, « live » comme sur leur blogue.
Un excellent résumé de toutes les nouveautés se trouve ici sur le site d’ESRI France.
Une conférence parmi d’autres?
Non. La conférence est ainsi faite que les participants peuvent vraiment choisir de vivre leur conférence comme ils l’entendent, et de plusieurs façons.
Il y a bien les séances plénières du jour 1 où tous les participants sont réunis et assistent au programme principal, le « tronc commun » de la conférence. Par contre, vers la fin de cette première journée et le lendemain, neuf autres salles s’ouvrent pour exploser les sujets et répartir le contenu par grande thématique (3D, sécurité civile, transport, etc.). Le grand amphithéâtre demeure occupé en permanence par les experts d’ESRI France afin de présenter la gamme ArcGIS 9.3 et répondre aux questions de l’assistance.
Pendant ce temps, le village partenaires demeure accessible et avouons que les ressources animant les stands sont peut être aussi plus disponibles que lors des pauses. Il y a aussi le très chic mais ouvert village ESRI France où des experts peuvent répondre à vos questions, ordinateurs et confortables divans à l’appui… Et finalement, il y a les coulisses, celles du pouvoir, celles des fumeurs (dehors!), celles des amitiés et des projets en commun.
Ma conférence, comme celle de tous je l’espère, s’est déroulée comme je l’ai choisi. Jour 1, tronc commun dans l’amphithéâtre, mélange de discussions partenaires et de temps en coulisses et même une session au salon rouge (village ESRI France) avec une ressource très très forte, Alex Miller lui-même, heureux et fier de parcourir avec moi la section « ArcGIS Online » du site d’ESRI. Jour 2, sessions techniques dans l’amphithéâtre et encore des discussions en coulisses et dans le village partenaires.

Village des partenaires lors d'une pause (Source : ESRI France).
J’ai ainsi choisi de répartir mon temps mais il est vrai que choisir, c’est faire des compromis et je suis passé complètement à côté des nombreuses présentations clients. Jean-Michel Cabon me l’a souligné, mais il a m’a aussi rappelé que les actes de toutes les communications se retrouvaient sur le DVD remis avec le sac à dos.
SIG 2008, c’est une conférence qui, verticalement, aborde techniquement ce qu’offre la gamme ArcGIS mais aussi, horizontalement, couvre aussi bien les tendances et les bonnes pratiques de la géomatique, des SIG et du géospatial. C’est pourquoi, si vous êtes utilisateurs ESRI ou sur le point de le devenir et que vous n’avez le choix d’assister qu’à une seule conférence par année, « this is it! ».
La conférence SIG 2008 en quelques chiffres :
- 1 663 personnes lors des 2 journées (dont 1 350 personnes le 1er jour et 1 200 personnes le 2e jour)
- 900 personnes lors de 2 spectacles
- 90 partenaires
- 130 communications clients
- 350 personnes qui ont participé à une session en salle de classe
Billets d’intérêts sur le blogue arcOrama :
Mes dernières impressions sur SIG 2008
SIG2008: Session plénière, partie 1
SIG2008: Session plénière, partie 2
Back from San Diego, mon palmarès
ESRI UC 2008, ArcGIS Server 9.3 (1/2)
ESRI UC 2008, ArcGIS Server 9.3 (2/2)
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