Article paru dans la revue XYZ - No 121 - Décembre 2009 - 4e trimestre 2009
Par Yann KACENELEN
Centre du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Saclay
(Essonne), 9h15 : des rejets radioactifs ont été décelés en provenance
de l’installation nucléaire OSIRIS. L’alerte a été transmise au Service
Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS 91) qui a aussitôt engagé
ses moyens de secours à personnes et sa cellule mobile d’intervention
radiologique. Une fois sur zone, les sapeurs-pompiers et les équipes du
service de protection contre les rayonnements (SPR) du CEA de Saclay
procèdent aux mesures de radioactivité sur le terrain afin d’estimer
l’ampleur de l’incident et son impact sur l’environnement ainsi que sur
la population avoisinante pour envisager les opérations de secours
adéquates…
À la mémoire du Lieutenant-colonel Marc BEAUDROIT (1963 – 2009).
Ce scénario, à la fois fictif et réel, est celui qui a initié un
exercice national de crise le jeudi 17 septembre 2009. Il était
question de mettre en situation les préconisations opérationnelles du
plan particulier d’intervention (PPI) du CEA de Saclay, comme cela doit
se faire tous les 3ans. En outre, cette fois et consécutivement aux
enseignements du précédent exercice en 2006, l’une des grandes
nouveautés consistait à éprouver un système cartographique, mis au
point par le CEA de Saclay et le SDIS 91. Ce dernier, constitué de deux
modules – l’un mobile et l’autre web –, devait permettre une remontée
plus efficace des mesures radiologiques effectuées sur le terrain et
une meilleure transmission de ces mesures aux différents acteurs de
l’exercice.

Le contexte opérationnel
Au centre CEA de Saclay, dans l’hypothèse d’un accident
radiologique majeur, des éléments radioactifs peuvent être diffusés
dans l’atmosphère et impacter des populations civiles résidant à
proximité. Pour les installations nucléaires de base (INB) susceptibles
d’engendrer de tels risques, la réglementation française impose la
rédaction et la mise à jour d’un document organisant la réponse
opérationnelle des secours. Ce document, le PPI, a été rédigé en 1991
pour le centre CEA de Saclay. Il a fait l’objet d’une mise à jour en
2000 et connait actuellement une refonte complète dans le cadre des
nouvelles dispositions réglementaires relatives à l’Organisation de la
Réponse de SEcurité Civile (ORSEC).
Pour la mise en oeuvre du PPI, le SPR du CEA de Saclay et le SDIS 91
ont un rôle très important dans la gestion d’un accident. Ces deux
entités doivent en particulier assurer conjointement la mission
essentielle de mesurer les conséquences radiologiques réelles sur
l’environnement.
Les PPI sont testés tous les trois ans lors d’exercices nationaux. Le
retour d’expérience de l’exercice de 2006 ayant mis en évidence des
difficultés de transmission des résultats de mesures radiologiques
réalisées dans l’environnement du site, le SPR du centre CEA de Saclay
et le service NRBC (Nucléaire-Radiologique-Biologique- Chimique) du
SDIS 91 ont entrepris de nombreux travaux d’amélioration. L’application
des différents référentiels réglementaires, notamment l’obligation de
produire un Programme Directeur des Mesures (PDM) radiologiques, ont
abouti à la mise en place du projet M2IRAGE.
Le projet M²IRAGE s’est donc inscrit dans une volonté partagée
d’améliorer l’efficacité du dispositif d’intervention avec pour
objectifs de faciliter la collecte de données sur le terrain, leur
exploitation et leur diffusion rapide sous une forme synthétique et
compréhensive. La représentation géographique de l’environnement étant
incontournable, il fallait constituer par ailleurs un ensemble
permettant d’interfacer plusieurs applications de traitement et de
restitution d’informations.
La conception de M²IRAGE
Identifier les multiples acteurs et leurs interactions.
Toute catastrophe, naturelle ou technologique, dont l’impact est
conséquent sur la population et sur l’environnement, implique une
organisation de crise où les représentants institutionnels locaux et
nationaux sont nombreux. Dans le cas d’un accident radiologique majeur,
ces derniers sont les suivants :
- l’exploitant du site nucléaire (directions locale et nationale du CEA) ;
- les services publics concourant à la mise en sécurité de la population : SDIS, SAMU, gendarmerie, police nationale,…
- les conseillers en risque radiologique auprès de l’Etat : l’Autorité
de Sûreté Nucléaire (ASN) et l’Institut de Radioprotection et de Sûreté
Nucléaire (IRSN);
- le Préfet de département et ses services en charge de la protection civile.
Le PPI du CEA de Saclay formalise l’organisation de crise et les liens
fonctionnels entre les différents acteurs. Ces liens sont synthétisés
et représentés dans la figure 1.

Quel type d’outil pour exploiter et diffuser efficacement les informations entre les acteurs?
Forts de l’analyse préalable et de l’expérience tirée de l’exercice de
2006, le CEA de Saclay et le SDIS 91 ont ébauché le profil de l’outil
informatique qui permettrait de solutionner les difficultés
d’exploitation et de transmission des résultats demesures radiologiques
réalisées dans l’environnement du site. Fonctionnellement parlant, cet
outil devait répondre aux exigences suivantes :
- pouvoir superviser et diffuser les informations afin de prendre et d’aider à prendre des décisions adaptées ;
- avoir une vision commune à tous les échelons de la prise de décisions;
- avoir différents niveaux de lecture des mesures (synthétiques et à dire d’experts) ;
- fiabiliser la remontée des données terrain, compte tenu des
conditions de stress et physiquement éprouvantes des équipes de mesures;
- s’interfacer avec les outils internes au centre CEA de Saclay :
-- pour le traitement desmesures radiologiques : le logiciel SPIRIT
(Système de Présentation des Informations de Radioprotection lors
d’Intervention de Terrain) permet la saisie des mesures transmises par
radio, des calculs spécifiques et leur représentation sous forme de
graphiques.
-- pour la coordination des équipes de mesures : pour satisfaire le
PDM, le logicielMISTER (MISsions de TERrain) a été développé au CEA de
Saclay. Cette application permet de savoir pour chaque mesure quels
personnels les ont effectuée avec quels appareils. Il permet également
de gérer le degré d’exposition dosimétrique des équipes de mesures.
- transmettre les mesures aux autorités (ASN, IRSN, Préfecture), conformément au PDM.
Lors de la conférence francophone SIG 2008 d’ESRI France, les
démonstrations convaincantes de l’application de type “Data Fusion”
construite à partir de l’API Flex pour ArcGIS Server ainsi que celle
d’ArcGIS Mobile pour la saisie de données et leur diffusion en temps
réel ont légitimement orienté les réflexions vers un outil de type SIG.
Car effectivement, les considérations géographiques sont omniprésentes
dans la gestion d’une crise impactant un territoire donné.
L’architecture logicielle et matérielle répondant aux diverses contraintes
Les liens fonctionnels identifiés préalablement entre les différents
acteurs ont été mis en relation avec le type d’utilisation de
l’information géographique (création, consultation) à gérer en cas de
crise radiologique. La répartition des acteurs en divers endroits, plus
ou moins éloignés du lieu des interventions (centre CEA de Saclay et
alentours) ont également été pris en compte. En résulte le schéma de la
figure 2 présentant l’architecture effectivement mise en oeuvre à
quelques détails près.

Les débuts de M²IRAGE
Le caractère expérimental de ce projet a privilégié une approche
partenariale pour mettre en synergie toutes les compétences et
mutualiser aussi bien les coûts que les bénéfices d’un tel projet dont
le point d’orgue était sa mise à l’épreuve lors de l’exercice national
du 17 septembre 2009.
Les sociétés ESRI France et PANASONIC France ont répondu positivement à
l’appel après que leur furent présentés les tenants et les aboutissants
du projet, ainsi qu’un premier recueil des fonctionnalités attendues en
décembre 2008.
Le projet a concrètement été entamé avec l’accord des différents
partenaires et la rédaction d’un cahier des charges par le CEA et le
SDIS 91 en mars 2009. Une première phase de développements a débutée en
mai 2009 dans la perspective de tests préliminaires à l’occasion d’un
exercice de préparation programmé le 30 juin 2009. C’est à cette époque
que le projet est baptisé M²IRAGE pour “Management des Mesures dans le
cadre d’Interventions Radiologiques Assistées Géographiquement dans
l’Environnement”.
Une deuxième phase de développements a été conduite fin août 2009 afin
d’ajuster certains dysfonctionnements, d’apporter des fonctionnalités
incontournables pour crédibiliser l’outil auprès des futurs
utilisateurs et de le rendre véritablement opérationnel. Ce fut chose
faite lors d’un exercice organisé par le SDIS 91 et le CEA pour former
les sapeurs-pompiers de la cellule mobile d’intervention radiologique
(CMIR) et les personnels “ESPRIT” du CEA de Saclay.
M²IRAGE en images
Pour couvrir les besoins fonctionnels exprimés précédemment, M²IRAGE a été conçu en 2 modules :
- M²IRAGE M pour “Mobile” installé et utilisé sur Tablet PC ;
- M²IRAGE CC pour “Centre de Contrôle” accessible à l’aide d’un navigateur Internet.
Le tableau suivant met en correspondance par ordre chronologique depuis
le déclenchement du PPI (= appel d’urgence au CODIS 91) l’utilisation
de l’un ou l’autre des modules avec les différentes étapes clés de
l’organisation de crise suivie par le SDIS 91 et le CEA en réponse à un
accident radiologique majeur.
Les 2 modules M²IRAGE CC et M²IRAGE M sont par conséquent sensés optimiser la réponse opérationnelle en :
- accélérant la “phase réflexe” (étapes 1 à 3)
- fiabilisant la remontée des mesures terrain qui s’affranchissent des
erreurs de compréhension ou d’interprétation lorsqu’elles sont
transmises par voie orale (étape 6)
- en informant chaque acteur, quel que soit sa localisation et en temps
réel, de la situation exacte sur le terrain et des impacts de
l’événement (étape 8).
Les étapes 4 à 7 se produisent de manière permanente et cyclique
(renouvellement des équipes demesures) tout au long de l’intervention.
Les outils SPIRIT et MISTER, préexistants au projet développé par le
centre CEA de Saclay, occupent des postes importants dans
l’organisation et ont par conséquent dû être aménagés pour s’interfacer
efficacement avecM²IRAGE et s’adapter à la nouvelle architecture.
Les modules M²IRAGE CC et M²IRAGE M sont détaillés dans la suite de cet article.

M²IRAGE CC
M²IRAGE est une application développée à partir de l’API Flex pour
ArcGIS Server. Flex est une technologie de la société Adobe permettant
de créer des interfaces web dites “riches” pour leur ergonomie et la
multiplicité des contenus possibles.
M²IRAGE CC a été déployée en deux versions : l’une est destinée aux PC
avec des fonctionnalités de création et demise à jour, l’autre sert
uniquement à la consultation des informations par les décideurs et les
conseillers techniques. Ci-après sont illustrées certaines
fonctionnalités significatives de M²IRAGE CC.
- Création du secteur angulaire à partir du point d’émission selon les
données météorologiques et affectation automatique des points de
mesures aux équipes ESPRIT (CEA) et CMIR (SDIS).
- Visualisation desmesures radiologiques sur fond de carte selon une
symbologie mettant en exergue les valeurs en deçà (vert) et au-dessus
(rouge) des seuils critiques définis.
- Visualisation des mesures radiologiques et de leur évolution au cours
du temps sous la forme de diagrammes après sélection des points
souhaités (monitoring).
- Estimation des populations par tranches d’âge potentiellement impactées par le panache radioactif.
M²IRAGE M
M²IRAGE est une application développée en Visual Basic .NET à l’aide du
SDK ArcGIS Server Mobile. Son interface est composée d’un seul
formulaire scindé en cinq onglets correspondant à 5 fonctionnalités
spécifiques :
- “Carte” : une fenêtre cartographique permet de se repérer sur le
terrain (photos aériennes et points PPI) et se centre sur le point PPI
sélectionné ou sur la position GPS courante.
- “Fiche PPI” : la fiche descriptive au format PDF des points PPI à
mesurer apparaît ici après sélection du point; elle apporte des
informations complémentaires sur la matérialisation du point PPI sur le
terrain.
- “Mesures” : il s’agit du formulaire de saisie et d’envoi des différentes mesures radiologiques effectuées à l’aide des sondes.
- “GPS” : permet de connecter/ déconnecter lemodule GPS qui équipe l’appareil de saisie.
- “Informations” : l’utilisateur consulte ici les résultats de
certaines actions réalisées par l’application (envoi de données sur le
serveur par connexion 3G par exemple).
Le choix du matériel de saisie pour exploiter M²IRAGE M
Celui-ci a été conditionné par les contraintes des équipes de mesures,
à savoir le port d’une combinaison, d’un masque, de gants et la
manipulation de sondes de mesure radiologique. Le PANASONIC Toughbook
CF-19 satisfait depuis 2006 les besoins du SDIS 91 dans le cadre
desmises à jour quotidiennes de sa base de données géographiques.
L’écran tactile 10,4” pivotant autour d’un clavier recouvert d’un
alliage en magnésium fait du CF-19 un Tablet PC particulièrement
ergonomique et robuste. La nécessité d’un format plus compact et un
poids plus léger a alors orienté le choix du support informatique vers
le Toughbook CF-U1 (cf. figure 3) dont les principales caractéristiques
techniques sont les suivantes :
- portable (1,06 kg pour des dimensions de 18,4 x 15 x 5,7 cm)
- ergonomique (écran LCD 5,6” tactile)
- géolocalisé par GPS
- communiquant (GPRS/3G/EDGE,wi-fi, Bluetooth)
- durci (résiste aux chocs, chutes de 1 m, aux projections d’eau et à la poussière)
- endurant (8 heures d’autonomie).
Le présent et l’avenir de M²IRAGE
Lors du débriefing “à chaud” piloté par le Directeur de Cabinet du
Préfet de l’Essonne à l’issue de l’exercice, l’utilité opérationnelle
de M²IRAGE a été unanimement reconnue. Le souspréfet de Palaiseau a
parlé d’un outil “de premier ordre, extrêmement utile pour l’aide à la
décision”. Le représentant de l’ASN, conseiller technique du Préfet au
COD, a souligné l’aspect “très novateur” de l’outil. Pour le
représentant du SDIS 91 au PCO, M²IRAGE a permis, en phase réflexe du
PPI, de s’affranchir des transmissions redondantes de résultats de
mesures puisqu’une “bonne visualisation commune de la situation
terrain” était disponible pour tous les acteurs.
Le représentant de la Direction Générale du CEA a qualifié de
“considérable” l’apport de M²IRAGE pour la visualisation “synthétique”
et en temps réel offerte durant tout l’exercice. Au COD, la
fonctionnalité de pouvoir estimer la population impactée a été
appréciée. La coordination des équipes par la cellule “Mesures” s’est
déroulée efficacement grâce à M²IRAGE et son interfaçage opérationnel
avec les logiciels internes développés par le CEA de Saclay pour la
gestion des missions et la validation des mesures. L’objectif principal
pour la refonte du PPI CEA de Saclay suite au RETEX de l’exercice 2006
a donc été atteint.
Sur le terrain, M²IRAGE M et les deux terminaux durcis CF-U1 ont été
fortement appréciés par les équipes de mesures : en effet cet outil a
permis d’emporter sur le terrain la documentation nécessaire (cartes,
fiches de consultation et de saisie) sans l’encombrement des versions
papier, en plus d’aider au positionnement grâce au module GPS et de
transmettre lesmesures sur le serveur de données en temps réel.
Objectivement, des points d’amélioration du “jeune” M²IRAGE ont bien sûr été identifiés. Il s’agit :
- de la sécurisation et le dimensionnement spécifiques des serveurs d’applications et de données ;
- de la fiabilisation des vecteurs de transmission des données terrain
(réseau ANTARES ou liaison satellite pour le SDIS 91, réseau radio
local avec fréquences réservées pour le CEA).
- de l’aménagement davantage ergonomique des deux modules.
En attendant ces perfectionnements, M²IRAGE est l’objet d’un dépôt de
brevet par le CEA et fait notamment l’objet de deux concertations
significatives. La première implique les directions locales des huit
autres centres d’études nucléaires français du CEA dans l’optique d’une
pérennisation et d’une extension de l’utilisation de cet outil au-delà
du seul site de Saclay. La seconde portée par l’ASN vise à partager des
retours d’expérience et des bonnes pratiques, concerne également des
représentants des grands exploitants nucléaires, de Météo-France et du
Ministère de l’Intérieur.
En outre certaines perspectives sortant du contexte PPI CEA de Saclay
voire du contexte radiologique sont entrevues par le SDIS 91. Il s’agit
de décliner M²IRAGE en outil de gestion opérationnelle pour des
interventions radiologiques de type “TMR” (transport de matières
radioactives) ou de type “risque chimique” comme la propagation
d’effluves toxiques d’une industrie.
Tous les acteurs du PPI se sont donc accordés sur la plus-value
opérationnelle indéniable apportée par M²IRAGE. Retour d’expérience
très positif pour cette première expérience française de “tableau de
bord opérationnel” (1) basé sur un système d’information géographique
et éprouvé sur un exercice de crise radiologique. En Essonne un cap a
été franchi qu’il sera difficile de ne pas prendre en compte pour le
futur voire même le présent dans la gestion des interventions de grande
ampleur.
(1) La société ESRI, Inc emploie le terme de "COP" pour “Common Operational Picture”.
Acronymes
COD : Centre Opérationnel Départemental.
CODIS : Centre Opérationnel Départemental d’Incendie et de Secours.
CTC : Centre Technique de Crise (IRSN).
ESPRIT : Equipes SPR d’Intervention sur le Terrain.
PC : Poste de Commandement.
PCO : Poste de Commandement Opérationnel.
PDM : Programme Directeur des Mesures.
PPI : Plan Particulier d’Intervention.
SDIS : Service Départemental d’Incendie et de Secours.
Contact
Yann KACENELEN
chef du service Cartographie et Information Géographique du SDIS 91
ykacenelen@sdis91.fr
Les personnes suivantes ont participé activement à la mise en oeuvre et à la réussite de ce projet :
Jean-Marie FAUQUANT (CEA)
ingénieur en radioprotection jean-marie.fauquant@cea.fr
Hubert LELACHE (CEA)
radioprotectionniste et développeur
hubert.lelache@cea.fr
Commandant Olivier GERPHAGNON
chef du service NRBC du SDIS 91
ogerphagnon@sdis91.fr
Gaëtan LAVENU (ESRI France)
responsable veille technologique.
Le centre de Saclay du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) et son service de Protection contre les rayonnements (SPR)
Le CEA est un organisme public de recherche créé en 1945 dans le but
de donner à la France la maîtrise de l’atome et de ses applications
dans les domaines de la recherche, l’énergie, l’industrie, la santé et
la défense. Fort de ses 15000 chercheurs et collaborateurs, aux
compétences internationalement reconnues, le CEA constitue une force
d’expertise et de proposition pour les pouvoirs publics. Le site de
Saclay, situé à 25 km au sud de Paris, dans l’Essonne, fut choisi en
1946 par Frédéric Joliot dans le but de développer la recherche
nucléaire civile. Il constitue un centre de recherche et d’innovations
de premier plan au niveau européen. Plus de 6000 personnes y
travaillent. Il joue un rôle majeur dans le développement économique
régional. Pluridisciplinaire, il exerce ses activités dans des domaines
tels que l’énergie nucléaire, les sciences du vivant, les sciences de
la matière, le climat et l’environnement, la recherche technologique et
l’enseignement. Le site comprend de nombreuses ICPE (Installations
Classées Pour l’Environnement) où sont manipulées de grandes quantités
de radioactivité ainsi que sept INB (Installations Nucléaires de Base)
dont :
- 3 réacteurs : ULYSSE, OSIRIS et ORPHEE
- 2 laboratoires actifs : LECI et LHA
- 2 installations de gestion des déchets ou effluents : INB 72 et 35.
Dans ce contexte, le rôle du SPR est de limiter au maximum l’exposition
immédiate ou différée et la contamination des personnes exposées, du
public et de l’environnement. Le SPR surveille toutes les INB et les
ICPE de Saclay. Il a notamment pour mission d’intervenir en cas
d’incident à caractère radiologique dans et autour de l’une de ces
installations en :
- évaluant les conséquences sur les populations et l’environnement ;
- réalisant des mesures dans l’environnement ;
- contrôlant les intervenants ;
- conseillant et formant les différents acteurs de la crise.
Site : www-centre-saclay.cea.fr
Le Service Départemental d’Incendie et de Secours de l’Essonne (SDIS 91)
Le Corps départemental des sapeurs-pompiers de l’Essonne a été créé
par arrêté préfectoral le 25 janvier 1973 permettant une vision et une
gestion globale des secours à l’échelle du département. En 1997,
conformément à la loi n° 96-369 du 3 mai 1996, le Service départemental
d’incendie et de secours de l’Essonne (SDIS 91) devient un
établissement public, placé sous l’autorité du préfet et financé en
quasi-totalité par le conseil général. Il est “chargé de la prévention,
de la protection et de la lutte contre l’incendie. Il concourt
également, avec les autres services et professionnels concernés, à la
protection et à la lutte contre les autres accidents, sinistres et
catastrophes, à l’évaluation et à la prévention des risques
technologiques ou naturels ainsi qu’aux secours d’urgence.” En 2008, le
SDIS 91 est composé de 3067 agents dont 1061 sapeurs-pompiers
professionnels, 1712 sapeurs-pompiers volontaires et 294 agents
administratifs, techniques et sociaux. Il a effectué 90711
interventions en 2008 soit 1 action de secours toutes les 5 minutes
dont 73% de secours à personnes, 6,4% d’incendies. Ses budgets de
fonctionnement et d’investissement s’élèvent respectivement à 91,8 et
20,6 millions d’euros.
Site : www.sdis91.fr

- Site de l'ASSOCIATION FRANCAISE DE TOPOGRAPHIE (AFT)
- Site de la revue XYZ
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