On vous avait parlé il y a déjà quelques mois d’un projet pour le moins ambitieux du Cnes, consistant à lancer suffisamment de satellites autour de la terre pour pouvoir générer des images couvrant le globe au complet hebdomadairement. On pouvait légitimement se questionner sur une foule d’aspects : la rentabilité, le stockage des données, la chaîne de traitement des images, le délai entre l’acquisition et l’intégration, le positionnement de cette offre face aux autres fournisseurs d’imagerie, etc.
Ce projet, baptisé e-CORCE pour e-Constellation d’observation récurrente cellulaire, risque pourtant de voir le jour. Un article tout chaud de l’AFP annonce même que le tout pourrait être opérationnel dès 2014.
La clé, selon l’article, réside dans le fait que le Cnes a mis au point un système de compression de données « psycho-visuel », qui permet de surmonter le défi technique du stockage des données.
"Pour couvrir l'ensemble de la Terre à une résolution d'un mètre, il faudrait disposer d'un stockage équivalent à 1,3 million de disques durs par semaine", explique Jean-Pierre Antikidis, responsable des systèmes d'information spatiaux au Cnes. Le système proposé diviserait par 50 la taille numérique des images, sans que ce soit pénalisant pour l’internaute.
Autre précision, les données des 13 satellites e-CORCE seraient transmises en continu à 50 centres de traitement répartis à travers le globe. Toujours selon Monsieur Antikidis « le réseau au sol constitue la véritable intelligence du système e-CORCE », tandis que sur les satellites, « on a renoncé à toutes les sophistications possibles ».
Il faut réellement être persuadé de l’ampleur du marché de masse de l’imagerie pour proposer un tel réseau d’observation. À ce sujet, M. Antikidis croit qu’avec son coût peu élevé, e-CORCE est le « rêve de Google Earth »…
Affaire à suivre, donc, car il reste à préciser plusieurs aspects du modèle d’affaires, à commencer par l’établissement d’ententes avec les grands portails et d’autres clients potentiels, notamment pour le suivi de l’activité humaine ou des catastrophes.
Le temps devrait fournir une réponse à la question posée en titre, car les concepteurs se donnent 12 mois pour boucler leur tour de table, faute de quoi, le projet sera abandonné.





Commentaires
"Pour couvrir l'ensemble de la Terre à une résolution d'un mètre, il faudrait disposer d'un stockage équivalent à 1,3 million de disques durs par semaine"
C'est dommage de n'avoir pas précisé la capacité des disques durs. Sans cette information il est difficile de se rendre réellement compte de la somme astronomique de données que cela représente.
Arnaud
Poster un nouveau commentaire