Le Soleil, l'un des deux (trois avec MediaMatinQuébec) principaux quotidiens de la grande région de Québec, publie ce matin un article intitulé :"Trois facultés de l’Université Laval en déficit".
Je ne peux m'empêcher de pointer vers cette nouvelle qui touche notre industrie et ma région... car l'une des trois facultés est la faculté de foresterie et de géomatique.
Le constat : " ...avec ses 1000 étudiants, est à peu près aux deux tiers de l’effectif qu’elle voudrait attirer, dit le doyen Michel Beaudoin."
Mon opinion non sollicitée est la suivante :
Les universités sont confrontées aux lois du marché comme le privé, l'offre vs la demande.
Laval et d'autres universités attirent (et/ou tentent d'attirer) les étudiants avec principalement un tronc cummun suivi de plusieurs cours qui produisent plus particulièrement :
- de sérieux arpenteur-géomètres;
- de savants géomaticiens, architectes de données à référence spatiale et "power-user" de SIG.
Je pense que l'offre n'est pas assez claire et disponible vers une formation qui mènerait vers un troisième type de débouché, un débouché qui attirera la génération Y baignant dans le virtuel et le jeu et qui fabriquera le prochain Web, le 3.0...
"Less is More" ... "Small is beautiful"... la planète a besoin aussi de choses simples et amusantes ... Les réseaux sociaux (ex. Facebook), la cartographie offerte par Google et Microsoft (aussi disponible via des APIs), les GPS et PND pour la mobilité montrent tous que de bien exploiter une simple paire de coordonnées peut rendre de grands services... souvent dans des modèles d'affaires autres que "par et pour" la géomatique. Il faut stimuler l'intégration d'un petit peu de "géo" dans de grands projets autant sinon plus que les projets "100% géo"... Ce mouvement porte déjà un nom, en anglais, celui de "néo-géographie".
Voilà, c'est un petit début vers une géomatique étendue que j'appelle maintenant le géospatial, l'industrie du géospatial qui oui, se doit d'inclure les deux volets plus conventionnels (arpenteur-géomètre et géomaticien), mais aussi et surtout, élargir ses horizons et aller chercher des projets et du crédit ailleurs, partout.





Commentaires
Dans son édito spontané du 4 décembre dernier, Luc Vaillancourt rebondit sur un l’article publié le même jour par le quotidien Le Soleil, et intitulé :"Trois facultés de l’Université Laval en déficit". Je ne m’étendrais pas ici sur cet article du Soleil, sauf à préciser que l’analyse qui y est donnée à lire me semble quelque peu partielle et simpliste.
Je souhaite en revanche répondre à la lecture un peu rapide qu’en fait Luc Vaillancourt. Ce dernier pointe en effet du doigt la faculté de foresterie et de géomatique , l’une des trois facultés identifiées dans le Soleil. Si je lis correctement les propos de Luc Vaillancourt, il y aurait une relation de causalité entre un déficit de la faculté de foresterie et de géomatique et la difficulté qu’elle aurait à maintenir ses effectifs étudiants, et en particulier dans les programmes de géomatique. Sur ce premier point, je souhaite réagir.
Rappelons que la faculté de la faculté de foresterie et de géomatique est composée de trois départements: géographie, sciences du bois et de la forêt et sciences géomatiques. Au cours des 5 dernières années, le département des sciences géomatiques a vu ses effectifs demeurer stables voir croître légèrement. Les relations causales proposées par Luc Vaillancourt ne sont donc pas correctes.
Luc Vaillancourt poursuit ensuite son analyse en avançant que les programmes offerts par le département des sciences géomatiques ne seraient pas assez lisibles et ouverts, trop centrés sur la formation, je le cite, de "sérieux arpenteur-géomètres et de savants géomaticiens..." .
Ces formations ne seraient plus en phase avec une géomatique étendue, porteuse de « choses simples et amusantes », le géospatial. Sur ce second point, je souhaite réagir également. Les programmes de formation offerts par le département des sciences géomatiques aux trois cycles ont été récemment révisés pour justement mieux "coller" à cette démocratisation de la géomatique.
Ils prennent déjà en partie en compte les éléments évoqués par Luc Vaillancourt. 75% des étudiants aux études supérieures en géomatique proviennent par exemple d’autres disciplines que la géomatique et ces étudiants n’aspirent à devenir ni de sérieux arpenteur-géomètres, ni de savants géomaticiens, mais simplement des professionnels biologistes, archéologues, géographes, aménagistes, géologues… avertis et capables de mobiliser "comme" et "quand" il le faut, les méthodes et technologies géospatiales. Ce que Luc Vaillancourt rassemble sous le vocable de néo-géographie (LBS, cartographie sur le web...) fait d’ores et déjà partie intégrante des nouveaux cours offerts dans les programmes des trois cycles en géomatique.
Des professeurs du département des sciences géomatiques sont déjà activement impliqués dans des projets de recherche, en partenariat avec des éditeurs de jeux par exemple, centrés sur la réalité augmentée, le jeux, la mobilité ou encore l’open-source.
J’ai d’ailleurs proposé à Luc Vaillancourt de constituer un petit dossier de synthèse en ce début d’année 2008 qui permettra, j’en suis persuadé, de remettre les pendules à l’heure en montrant combien le département des sciences géomatiques est d’ores et déjà activement impliqué dans le géospatial et combien il contribue non seulement à former des arpenteurs-géomètres et des ingénieurs en géomatique, qui quoique sérieux et savants n’en sont pas moins heureux, mais aussi à former des utilisateurs avertis dans des domaines d’application de plus en plus nombreux, jouant ainsi un rôle essentiel de catalyseur dans la diffusion de la géomatique bien au-delà de ses frontières traditionnelles.
Stéphane Roche, Professeur et directeur du département des sciences géomatiques
Merci pour vos précisions.
Comme je le mentionne ici, nous travaillons sur un article sur la géomatique à l'Université Laval.
L'article est maintenant en ligne ici!.
Merci de vous y rapporter pour toute l'information sur le cas du département des sciences géomatiques à l'Université Laval.
Comme je le mentionne dans ce billet-ci, nous publierons un article complet sur la géomatique à l'Université Laval en février.
Merci M. Roche pour ce commentaire.
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