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Google - Séparation de l’offre grand public, tendance 7

Tendance 7Le texte qui suit est extrait de l’article « Industrie du géospatial : Bilan du troisième trimestre 2008 » du 14 octobre dernier, alors que trois tendances sont soulignées à chaque bilan trimestriel. Voici la tendance 7 de 9, en attendant la parution du quatrième et dernier bilan trimestriel 2008 en décembre présentant les tendances 10, 11 et 12 et le séminaire à Québec du 16 décembre.

Pour ce cas-ci, je souligne à quel point Google avec Google Maps et Google Earth se distingue et se sépare du reste de l'offre grand public, non seulement par l'offre technologique elle-même, mais aussi par toutes les initiatives qui y sont associées, son intimité et imbattable intégration avec le contenu Web, le nombre incroyable d'usages et d'usagers (power of scale)!

 

7. Séparation de l’offre grand public

L’actualité autour des grands sites de cartographie en ligne nous provenant des géants du Web comme Google, Microsoft et MapQuest a été active comme toujours mais on remarque que Google se taille une place unique au sommet, scindant et redistribuant le reste de l’offre dans d’autres catégories…

Avant de voir plus en détails certains cas, soyons clairs sur la composition d’une offre de cartographie grand public. Les sites à succès incluent le plus possible les composantes suivantes:

  1. Technologie de recherche
  2. Technologie pour la localisation cartographique (recherche et géocodage)
  3. Technologie pour l’affichage cartographique (2D et 3D)
  4. Technologie pour le calcul d’itinéraires routiers
  5. Contenu cartographique routier et complémentaire « vectoriel »
  6. Contenu cartographique en imagerie
  7. Contenu du Web localisé offrant un contexte à potentiel illimité
  8. Contenu des usagers (user-generated content)
  9. Options pour les usagers plus avancés (annotations, import/export, sessions)
  10. Gamme des APIs disponibles pour intégration dans d’autres contextes SIG et/ou Web

Ces composantes sont importantes et constituent le produit lui-même mais ce n’est pas tout. Ensemble, elles ne comptent que pour un critère sur quatre, car une offre doit être évaluée aussi sous d’autres aspects comme le prix, mais aussi en « popularité » (pouvoir d’attraction, facilité à découvrir, taux d’adoption) et « confiance » (connaissance du promoteur, de ses capacités financières, de son modèle d’affaires et son utilisation des normes). La plupart des gens consomment et utilisent des produits et services en suivant le pattern suivant :

1. ils entendent parler en bien et souvent du service (popularité), 2. ils l’essaient et l’aiment (offre) et décident de 3. l’adopter ou de l’acheter (prix) parce que 4. tout semble indiquer que le service existera toujours demain, évoluera bien et qu’ils ne perdront pas le temps investi (confiance). Toute offre ayant un sérieux problème avec l’un de ces quatre critères est en danger.

Très succinctement, disons que l’offre de Google est complète (les 10 points avec 3D), est populaire, est généralement gratuite. Au niveau de la confiance, les gens savent que Google est là pour rester mais craignent peut-être des changements dans la politique d’utilisation (prix) et/ou l’apparition trop envahissante de publicités sur les cartes.

L’offre de Microsoft est aussi très complète incluant aussi le 3D, est populaire mais beaucoup moins que Google, est généralement gratuite et les gens savent que Microsoft est là pour rester. Mais la stratégie Web de la compagnie n’est pas à la hauteur de ses capacités. Certains usagers craignent peut-être des changements dans la politique d’utilisation (prix), dans le rythme de mise à jour et les investissements dans le contenu (routes, imagerie et 3D) et/ou l’apparition probable de publicités sur les cartes.

Difficile de suivre le rythme des annonces et améliorations que Google donne à ses applications cartographiques que sont Google Maps et Google Earth. Tele Atlas était fier d’annoncer une entente de cinq ans avec Google fin juin, mais certainement plus heureux encore de voir Google laisser de côté les données de NAVTEQ et prioriser l’usage de celles de Tele Atlas. Google ne concurrence pas TomTom, le nouveau propriétaire de Tele Atlas, mais il en est tout autrement face à NOKIA. NOKIA est le nouveau propriétaire de NAVTEQ mais symbolise aussi parfaitement la mobilité et Androïd de Google fait face à la plateforme ouverte de la Symbian Fondation, projet également NOKIA. De plus, le système Map Share de TomTom a déjà permis 3 millions de corrections des usagers GPS en août et le nouveau programme Map Maker de Google ouvert maintenant à plus de 120 pays/territoires représente potentiellement de beaux échanges d’information entre les deux puissantes communautés d’usagers.

Autre élément historique et surprenant : voir le logo de Google, symbole du virtuel « World Wide Web » sur une fusée ! En effet Google a conclu une entente unique avec GeoEye,qui lançait son satellite GeoEye-1 le 6 septembre. L’entente fait de Google le bénéficiaire unique et exclusif en ligne des images obtenues par le nouveau satellite. Les premiers clichés du satellite ont été montrés à peine un mois après son lancement

Microsoft a une stratégie quelque peu différente, notamment en matière d’acquisition d’images aériennes et de production de modèles 3D, mais peine tout de même à se faire adopter par les internautes. Malgré tous ces investissements et l’achat en février du populaire service en Angleterre MultiMap, l’Europe n’a pas changé ses habitudes, et en Amérique du Nord, les internautes préfèrent toujours MapQuest et de plus en plus Google Maps.

Comme je le soulignais en août , la marque MapQuest est encore très présente à l’esprit des internautes nord-américains et malgré peu d’innovations récentes (trop peu trop tard) représente encore aujourd’hui le site produisant le plus de cartes, mais n’offre pas de 3D et moins d’information et de contexte Web que Google ou Microsoft.

En Europe, les joueurs d’une taille plus modeste et/ou ayant une couverture géographique plus ciblée comme Mappy ou ViaMichelin, poursuivent leurs efforts de développement technologiques et l’enrichissement en contenu. Mappy s’est associé avec Hachette (Guide du Routard) en juin pour bonifier ses points touristiques (hôtels, restaurants) et annonçait en juillet des ententes en mobilité avec Mobile Distillery et SFR.

ViaMichelin lance la zone Labs en juillet après avoir présenté fin juin une API pour les applications en Tourisme. À noter aussi que ViaMichelin alimente sa cartographie des images satellites et aériennes de Microsoft Virtual Earth depuis la version bêta présentée en avril dernier.

L’apparition de GoFalk en juillet sur ce marché déjà fort bien servi ne semble pas modifier la popularité de Google Maps qui, comme le montre cette requête dans Google Trends, dépasse Mappy en 2008, qui était déjà bien au devant de ViaMichelin.

Est-ce que Le groupe PagesJaunes qui détient Mappy, et Michelin qui possède ViaMichelin sont satisfaits du rendement de leurs filiales cartographiques ? Devraient-ils maximiser ce qui les rend uniques en investissant toutes leurs ressources sur ces aspects qui les distinguent ? Devraient-ils céder quelques aspects de leur offre cartographique en intégrant une partie de l’offre de Google ou Microsoft ? Est-ce que Microsoft devrait tenter un achat, comme pour Multimap en Angleterre? Ce ne sont que des questions mais plusieurs y pensent. Maporama, qui n’est pas supportée par d’aussi grands groupes, se retrouve quant à elle depuis mi-septembre en difficulté.

 

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