Hier soir sur France 2, un reportage sur Facebook diffusé par le magazine "Envoyé Spécial" évoquait le problème des données à caractère personnelle que l'inscription sur ce réseau social impose. Le président et fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, expliquait, dans une courte interview calculée à la seconde et au mot près, qu'il n'y avait rien à craindre de ce côté là...
Dans le même domaine, Google suscite, depuis quelques mois, interrogations voire inquiétudes. Le dernier service en date qui pourrait poser problème est le service Street View. J'en ai déjà parlé sur mon blogue ici.
L'Internet fourmille de photos amusantes ou inquiétantes sur des vues disponibles dans Street View qui montrent très clairement comment ces photos peuvent relever d'une atteinte au respect de la vie privée des personnes.
Des voix ont commencé à s'élever pour dénoncer les risques liés à ce service, notamment au Canada qui dispose de lois assez strictes sur le respect de la vie privée, mais aussi, plus récemment, en Europe où le service Street View commence à être disponible depuis l'été 2008.
En juillet 2008, le groupe Privacy International, une organisation privée engagée dans la surveillance sur les atteintes à la vie privée par les gouvernements et les entreprises, a écrit à Google pour lui demander des précisions sur le procédé de floutage des visages en la mettant en demeure de répondre rapidement. Sans réponse de Google sous sept jours, l'organisation menaçait que l'affaire prenne une tournure moins arrangeante.
De son côté, Google assure que ses procédés techniques de floutage respectent les législations en vigueur en termes de respect de la vie privée des personnes et que celles-ci ne peuvent jamais être reconnues. L'entreprise ajoute qu'à tout moment une personne se reconnaissant sur une des photos de Street View peut demander à ce que la photo incriminée soit retirée du service.
Aux États-Unis, un couple de Pennsylvanie a déjà déposé plainte contre la firme de Mountain View pour après avoir découvert que le service Google Street View permettait de visionner certaines parties de sa propriété. Le couple considère que ces images "violent leur vie privée, dévalue leur propriété et est à l'origine de souffrances mentales".
Ces jours-ci un article paru dans le supplément Radio-Télévision du journal Le Monde nous apprend que des communes du nord-ouest de l'Allemagne sont rentrées en résistance contre Google et Street View. A l'occasion du passage en octobre dernier des voitures de Google, équipées des caméras à 360° perchées sur des mats facilement reconnaissables, certains élus dont un conseiller municipal de la commune de Molfsee, Reinhold Harwart, affirment qu'un permis était nécessaire pour que l'entreprise puisse procéder à ses couvertures photographiques de l'espace public. Et l'élu d'ajouter que si l'entreprise en fait la demande, lorsqu'elle aura à nouveau besoin de passer dans la commune, celle-ci sera rejetée. L'affaire a été relayée par le responsable fédéral de la protection des données et par une députée qui a prévu d'inscrire le sujet à l'agenda du Parlement allemand.
En France, il semble que l'arrivée de Street View dans les plus grandes villes (après son lancement à l'occasion du Tour de France), n'ait pas fait beaucoup grincer des dents pour l'instant. Seule la CNIL a fait part de ses inquiétudes auprès de Google . Les réunions ont semble-t-il permis d'améliorer le procédé de floutage des visages et des plaques d'immatriculation des véhicules, ce dont la CNIL s'est réjoui. Néanmoins, la vigilance semble rester de mise.
En attendant, comment résister à l'envie de vous faire partager cette vidéo qui met en scène le service Street View dans une version "Big Brother is Watching You".





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