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L'organisation des SDI, tendance 8

Tendance 8Extrait de l’article « Industrie du géospatial : Bilan du troisième trimestre 2008 » du 14 octobre dernier. Voici la tendance 8 de 9, en attendant la parution du quatrième et dernier bilan trimestriel 2008 en janvier 2009 présentant les tendances 10, 11 et 12. C'est trois dernières tendances 2008 seront présentées oralement aux participants du séminaire à Québec mardi le 16 décembre.

SDI pour Spatial Data Infrastructure, sujet de l'heure pour toutes les agences de cartographie partout dans le monde. Comment doivent-elles / peuvent-elles mettre en valeur leur héritage "data" par une diffusion ingénieuse, un esprit de partage où la gratuité doit côtoyer certaines données payantes, ou services à valeurs ajoutés. Encore une fois, le navire Google montre sa direction, que certains suivent dans le sillage alors que d'autres choisissent de ne pas voir.

8. L'organisation des SDI

Comme une suite logique au point précédent traitant des sites cartographiques des géants du Web, le cas des SDI est également ressorti très distinctement dans l’actualité, les conférences, les colloques (surtout GeoWeb 2008) et même dans certains appels d’offres au cours des derniers mois. Par SDI, nous entendons « infrastructure de données géospatiales » généralement mise en place, alimentée et financée par les autorités gouvernementales d’un pays (NSDI pour National), d’une province ou d’un état. Il existe même une organisation appelée GSDI (G pour Global), dont est membre Ressources Naturelles Canada, qui tente de rassembler le plus d’organisations possible autour du projet de mettre en place des NSDI et de les connecter un jour ensemble pour avoir une vue complète du monde, une GSDI.

Je cite pour une troisième fois Ed Parsons de Google à propos des SDI :

… tout le monde semble d’accord pour dire que le principal défi technique, à la fois le plus soluble, vient des organisations qui restreignent le partage des données, et incidemment, la complexité et les coûts de développement de SDI nationale et régionale qui en découlent et qui limitent le progrès. »

Actuellement, un certain mouvement tend à vouloir livrer des résultats plus rapidement, de façon itérative, tel que nous l’enseigne le Web afin de casser le moule des réunions interminables et innombrables, des habitudes du « grand design/over design » et de l’obsession de la perfection et du 100% fait ICI. En effet, on voit apparaître des SDI hybrides, peut-être incomplets, mais légers, simples et accessibles et faisant appel aux globes 3D de Google ou Microsoft. C’est le cas de GeoBC et du District de Columbia que nous abordons plus bas.

Bien sûr, une SDI implique de l’information géographique (IG), des technologies et un savoir-faire ainsi que des bonnes pratiques (méthodes, standards, processus). Les agences de cartographie des provinces, états et pays détiennent l’IG, les technologies offertes par l’industrie sont de plus en plus abondantes et adéquates et des associations et groupes normatifs comme l’OGC se chargent des méthodes et standards. La maturité de ces trois aspects fait avancer les projets de type SDI plus que jamais auparavant.

Les normes de l’OGC (Open Geospatial Consortium) ont largement contribué à la mise en place de ces infrastructures afin d’assurer le meilleur niveau possible d’interopérabilité entre systèmes et d’indépendance face aux formats et technologies propriétaires. À l’inverse, les travaux autour des SDI ont aussi largement contribué à la définition et à l’adoption des normes de l’OGC. Disons que l’OGC et les SDI sont intimement reliés. Le CNIG (Conseil National de l’Information Géographique) est devenu membre de l’OGC en juin 2008 et a rejoint l’IGN de France et Ressources Naturelles Canada / GéoConnexions.

Soulignons l’entrée en vigueur le 1er juillet en Suisse de la loi sur la géoinformation (LGeo) venant appuyer et valoriser l’infrastructure nationale des géodonnées (INDG) déjà bien en place. Selon swisstopo, il s’agit « … d’un pas de plus pour la Suisse vers une meilleure utilisation et une rentabilisation des données à référence spatiale au niveau national. Dès lors, cette loi contribue largement à la croissance économique, à l'amélioration de l'environnement, au développement durable et au progrès social ».

La France, via l’IGN, multiplie les efforts pour faire valoir ses données via le Géoportail et son API ouverte en avril dernier, son partenariat avec Microsoft Virtual Earth et des résultats en ligne fin juin, son adhésion à l’OSGeo en juillet, ses nouveaux GPS en septembre et ce 1er octobre, le lancement d’Édugéo, un portail pour élèves et professeurs.

La directive INSPIRE adoptée par le parlement européen et entrée en vigueur en mai 2007 établit un calendrier précis sur la mise en place progressive de composantes de ce que sera cette infrastructure d'information géographique dans la Communauté européenne (voir une fiche sur GeoRezo.net). INSPIRE se décrit comme une initiative ambitieuse qui “ intends to trigger the creation of a European spatial information infrastructure that delivers to the users integrated spatial information services.” Le CNIG et l’AFIGéO en France, et les regroupements et coalitions plus larges comme eSDI-Net+ et EUROGI informent, préparent et accompagnent leurs membres dans cette sérieuse démarche.

Au Canada, c’est la Colombie-Britannique qui fait parler d’elle en juillet avec l’initiative « GeoBC on Google Earth » accessible en suivant ce lien.Il s’agit en fait d’un site qui offre clairement aux internautes qui utilisent Google Earth la possibilité de visualiser de l’IG officielle de la C-B simplement en suivant un lien qui en fait, ouvre un fichier de format .KML à même Google Earth. L’entente promet également que ces données seront disponibles à partir de Google Earth et ainsi “make it that much easier for citizens, business interests, environmental groups or anyone interested in coming here to be able to look at B.C., query what they want to look at and get the answer they want.”

Le 15 juillet, Google annonçait la disponibilité des premières villes en 3D suite à l’ouverture de son programme « Cities in 3D « inauguré en avril, et juin pour l’Europe. Barney Krucoff, GIS Manager du bureau du “CTO” du District de Columbia défendait merveilleusement bien sa position quant au choix de diffuser plus de 84 000 modèles 3D sur Google Earth:

  1. La bonne chose à faire : Pour le District de Columbia, les données créées avec des fonds publics doivent être disponibles au public;
  2. Parce que tous les quartiers peuvent bénéficier du 3D : … et pas seulement le centre-ville;
  3. Nous obtenons de meilleures performances en 3D à partir du « cloud » par rapport à ce que nous pouvons nous payer : … sans avoir à s’offrir des ordinateurs hautes performances pour tous nos employés. Nous souhaitons que ceux-ci utilisent Google Earth, tout comme le public.
  4. Nous voulons communiquer avec nos citoyens : … en ayant l’attention des payeurs de taxes qui comprennent un peu mieux ce que nous faisons, nous pouvons maintenant rendre disponibles plus de 200 jeux de données.

Le Canada a son infrastructure, l’ICDG (Infrastructure canadienne de données géospatiales), qui est gérée par le programme national GéoConnexions lancé en 1999 avec un budget de 60 millions de dollars jusqu’en 2005. Le programme visait à élaborer les politiques et les normes, développer les technologies et mettre en place des partenariats pour la construction de l’ICDG. Pour ses efforts entre 2005 et 2010, GéoConnexions est maintenant doté d’un nouveau budget de 60 millions afin de maintenir, bonifier et améliorer l'infrastructure. Les trois sites suivants montrent bien l’étendue des services et données du Canada : L’Atlas du Canada affiche diverses cartes alors que des données sont disponibles gratuitement sur Géobase et Géogratis (données thématiques).

Et le Québec? Certains projets le font avancer, comme en témoigne cette entente pour l’appareil gouvernemental du mois d’avril dernier appelé « ACRI » pour approche de coopération en réseau interministériel sur l’IG. Autrement, la province s’exprime via son portail Le Québec Géographique où l’on retrouve des liens vers des services en ligne faisant appel à la cartographie et pour les professionnels de l’industrie ayant des besoins en données, via Géoboutique Québec du ministère des Ressources Naturelles et de la Faune, notre « IGN » provincial.

 

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