Le texte qui suit est extrait de l’article « Industrie du géospatial : Bilan du premier trimestre 2008 » du 1er avril dernier, alors que trois tendances sont soulignées à chaque bilan trimestriel. Voici la tendance 2 de 9, en attendant la parution du quatrième et dernier bilan trimestriel 2008 en décembre présentant les tendances 10, 11 et 12.
2. Les normes
ESRI fait quasiment office de norme dans le monde des SIG mais ce segment de marché ne connaît qu’une croissance « organique ». La masse d’usagers potentiels qui se trouve ailleurs, n’a pas toutes les connaissances et les outils nécessaires en main. Comme le disait si bien Jack Dangermond, président d’ESRI :
« Le plus vite nous remettons les données SIG entre les mains des gens qui payent (généralement de non-experts), le mieux ce sera. »
La réalité se trouve dans cette courte citation. Avec maintenant plus de 350 millions de téléchargements, Google Earth s’impose par sa gratuité et le poids de son promoteur comme outil de visualisation par excellence, tant en 2D qu’en 3D.
Face à cette réalité et aux qualités certaines en visualisation de ce genre d’outils grand-public, ESRI commence à faire passer son principal message de 2008, visant à lier le meilleur des deux mondes. Les technologies ESRI se démarquent pour l’analyse et les géo-traitements dans les modes « desktop », multi-usagers ou dans une fédération de serveurs, mais pour le « GeoWeb », pourquoi ne pas intégrer ces capacités via des services Web à même Microsoft Virtual Earth ou Google Earth/Google Maps!
Il y a les normes issues de réflexions et de travaux de grands comités et il y a les normes qui s’imposent d’elles-mêmes par leur succès commercial. Entre ESRI et Google, l’OGC (Open Geopsatial Consortium) fait office de « sens commun » de par la diversité et l’ampleur de son membership. Selon Sam Bacharach de l'OGC : « Les organisations, dont le privé, deviennent rapidement gagnantes dans un contexte d’interopérabilité, quand il est possible pour leurs clients de transférer des données d’une unité fonctionnelle à une autre et d’exécuter des programmes qui peuvent facilement fonctionner dans d’autres environnements. »
Le cas du format de données .KML de Google en est un bel exemple, car son succès actuel ne sera que multiplié, alors qu’il devrait être endossé par l’industrie très prochainement et devra faire partie des spécifications de l’OGC. On ne doit toutefois pas attribuer toutes les vertus à ce format de données mais il faut lui concéder l’avantage de facilement être référencé sur le Web, en plus de contenir l’information sur la géométrie et le style de représentation.
Complément / mise-à-jour sur le sujet issue du second bilan :
L’Open Geospatial Consortium continue d’élargir son membership avec, par exemple, l’arrivée du CNIG (Conseil national pour l’information géographique) et ses implications avec d’autres organismes normatifs. Comme souvent mentionné en début d’année, le format .KML a finalement été approuvé par l’OGC le 14 avril en tant que norme ouverte à compter de la version 2.2. Les gens de Google, en titrant «KML, le HTML du contenu géographique » voulaient simplement faire un parallèle simpliste pour expliquer l’importance de la nouvelle (et le potentiel de référencement du format) ce qui a provoqué quelques réactions chez certains puristes « hardcore-GIS » accordant souvent plus de valeur aux « bites » de leurs données qu’à la mission corporative des organisations que les embauchent.
La firme Galdos Systems, principal architecte du GML et ayant assisté l’OGC pour aider à définir et faire adopter la version 2.2 du KML comme norme a démontré un bon niveau d’opportunisme en lançant deux mois plus tard le service Web gratuit KML Validator. Ce service Web vérifie la conformité de vos fichiers KML avec les spécifications de la version 2.2.
Complément / mise-à-jour sur le sujet issue du troisième bilan :
Parlant de normes, c’est en juillet que l’interopérabilité dans le monde des CAD a fait un pas de plus avec l’annonce d’Autodesk et Bentley de mieux échanger entre eux les fichiers CAD. Au mois d’août, l’OGC (Open Geospatial Consortium) adopte l’important et prometteur standard CityGML, rapprochant ainsi les communautés CAD / BIM / 3D / SIG. En septembre, suite à l’adoption du .KML par l’OGC en avril, c’est le .pdf qui tente sa chance auprès de l’OGC principalement poussé par TerraGo.
Voir aussi l'article du 19 février 2008 : L’Open Geospatial Consortium, des normes portées par l’industrie
Note aux gens de la région de Québec : BALIZ organise un séminaire le 16 décembre faisant la synthèse de l'actualité et des tendances de 2008 : "Une heure ICI : BILAN 2008 de l'industrie du géospatial".
ASTUCE !
Pour en savoir plus sur les normes du géospatial, utilisez notre outil de recherche "Trouver", en haut à gauche. Vous verrez, par exemple, toutes les fois où nous avons parlé dans ce magazine de l'"Open Geospatial Consortium" ou OGC (utilisez les guillemets pour des expressions exactes) !





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