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Michael Goodchild sur l’information géographique à l’ère du Web 2.0

Une occasion d’aller entendre l’un des pionniers des sciences géographiques s’est présentée à la dernière minute, Michael Goodchild étant de passage à Québec, sous l’invitation des chercheurs du Centre de recherche en géomatique de l’Université Laval.

Pendant près de deux heures, l’éminent chercheur de la University of California at Santa Barbara a présenté au groupe de personnes présentes (majoritairement des universitaires) différentes réflexions sur l’évolution de l’information géographique.

Jusqu’à récemment totalement l’affaire des autorités soient gouvernementales ou militaires, la création de l’information géographique vit de nos jours des moments de grands changements. Les citoyens, qui sont des observateurs privilégiés d’une réalité locale, deviennent de plus en plus, et volontairement, des créateurs d’information. Qu’on appelle le mouvement, comme lui, le VGI (Volunteered Geographic Information), ou de façon plus générique « crowdsourcing », « User generated content », « Collective Intelligence » ou « asserted information », un fait est clair : le pouvoir de la création d’information a basculé entre les mains d’individus qui ne sont pas des experts en cartographie. À ce sujet, Monsieur Goodchild a mentionné des projets collaboratifs comme Wikimapia.org ou OpenStreetMap, qui sont des exemples à succès de réalisations réussies mises sur pied par la masse.

La création de données à référence spatiale par des utilisateurs amateurs amènent toutefois selon lui certaines problématiques. Tout d’abord, pour les organisations qui ont le rôle officiel de produire des données sur le territoire (citons par exemple Ordnance Survey), et qui rentabilisent la production par la vente de produits bruts ou dérivés, des projets comme OpenStreetMap peuvent constituer une certaine menace concurrentielle. Il y a de plus la question de la qualité des données, et de la maintenance de ces dernières. Une fois la couverture d’un pays complétée, de quelle façon gérera-t-on la mise-à-jour des données ? Ces éléments avaient d’ailleurs été abordés dans notre récent article sur OpenStreetMap.

Mais quest-ce qui fait qu’un tel mouvement est possible et populaire aujourd’hui ? Selon Monsieur Goodchild, quelques éléments sont en cause :

  • Tout d’abord, le Web 2.0. L’apparition des blogs, wikis et projets collaboratifs est très liée au Web 2.0, qui positionne l’utilisateur comme principal acteur du contenu, et au centre de l’expérience.
  • Le développement des moteurs de recherche et l’indexation du contenu. Google déploie des efforts considérables en ce sens, et cela se matérialise selon M. Goodchild par l’installation de centres remplis à bloc de dizaines de milliers de serveurs là où l’électricité est accessible à bas prix (les chiffres les plus fous circulent). Est-ce une pratique durable ? Selon M. Goodchild, nous vivons peut-être un âge d’or qui nous permet d’accéder à du contenu varié rapidement.
  • La géoréférence : La possibilité de traduire une adresse en localisation géographique et l’inverse, et ce, facilement, et gratuitement, donne lieu à la propagation d’information reliée au territoire et à l’engouement actuel. La popularité des GPS et l’intégration des capacités de localisation dans des appareils grand public comme les téléphones mobiles y jouent aussi un rôle.

« It’s a revolution. The future of mapping is local »

Monsieur Goodchild qualifie de “Citizen Science” ce mouvement de participation volontaire des individus, que ce soit dans l’observation sur place de phénomènes, comme dans le cas des feux de forêt qui ont fait rage en Californie, où des résidents téléversaient sur l’Internet pratiquement en temps réel des photos qu’ils prenaient, ou dans l’établissement d’un réseau « humain » de surveillance (pour la qualité de l’air, par exemple).

Certaines applications nécessiteront toujours un savoir spécifique et l’intervention d’experts dans la mesure et l’acquisition des données sera encore requise, mais pourquoi ne pas tirer profit des 6 milliards de citoyens, qui possèdent une connaissance locale très aiguisée ? « Bonjour néo-géographie, qui définit un nouveau monde où s’effacent les frontières entre experts et amateurs ».

Commentaires

nous sommes étudiants en "Urbanisme, aménagement du territoire" et nous recherchons comment nous procurer une (ou plusieurs vidéos) /GRATUIT/ de façon a permettre à notre départemenbt des Sciences géographiques:

1-  l'historique des SIG,

2 - ce que les SIG apportent notammenrt en aménagement, en urbanisme, en géographie,

3- les applications,..... etc

Merci à vous

Patrice (Université de PERPIGNAN / Master Recheche en Urbanisme, environnement et développement durable)

 

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