Comme le soulevait ici Michael Goodchild, le concept de citoyen-capteur devient de plus en plus reconnu pour apporter une connaissance détaillée de l’environnement dans lequel nous vivons et ses différents phénomènes. Dans certains cas, la contribution se fait de façon volontaire et active (Wikipedia, OpenStreetMap), alors que dans d’autres cas, la contribution se fait plutôt de façon transparente, sans nécessiter d’efforts supplémentaires de la part de l’individu (SETI).
Un projet de ce type, où la localisation devient l’un des aspects centraux, est d’ailleurs en pleine évolution. Il s’agit de la détection des tremblements de terre à l’échelle mondiale, à partir des ordinateurs personnels. Farfelu ? Pas d’après un groupe de chercheurs de la Stanford University.
L’idée part du fait que des accéléromètres sont introduits de façon routinière dans les ordinateurs portables (et dans certains téléphones mobiles comme l’iPhone), afin de protéger ces derniers contre les chutes. Un peu à l’image des ballons gonflables dont les autos sont munies, ces détecteurs hypersensibles protègent les pièces fragiles de l’appareil si un mouvement brusque est détecté. Compte tenu que des millions d’ordinateurs personnels sont répartis à travers le monde, les chercheurs ont pensé exploiter cette capacité extraordinaire, et la transformer en réseau de surveillance mondiale.
Plus avantageux que les sismomètres
Effectivement, des sismomètres détectent déjà très bien les ondes produites lors des tremblements de terre. Mais ils sont couteux, et possèdent un capteur d’autoprotection en cas de séisme majeur, qui empêche l’enregistrement des données. De leur côté, étant reliés à l’internet, les ordinateurs portables détectant un mouvement risqué, peuvent transmettre l’information par réseau beaucoup plus rapidement que la méthode conventionnelle, qui met à jour son information moins fréquemment, ce qui permettrait ainsi de prévoir la propagation du séisme sur le territoire, et lancer un alarme qui donnerait suffisamment de temps à la population à risque pour se mettre à l’abri.
Pour en arriver là, certaines considérations doivent être réglées : il faut d’abord que les ordinateurs membres du réseau de surveillance soient géolocalisés, ce qui est de plus en plus courant, soit par l’intégration d’une puce GPS, ou encore par le réseau sans fil (Wi-Fi). De plus, il faut pouvoir écarter les valeurs fautives enregistrées par les capteurs, comme par exemple les déplacements mineurs, ou le travail au clavier. La force du réseau permettra de surmonter ce problème, en faisant parvenir seulement l’information jugée valable, par exemple, si tous les ordinateurs situés dans un périmètre quelconque, enregistrent au même moment un mouvement…
Pour le moment, la méthode qui a déjà fait quelques preuves de son efficacité, ne compte qu’un réseau de 1500 ordinateurs, mais imaginons la force d’un réseau de capteurs déployé à peu de frais à l’échelle planétaire…
Source : The Economist.





Commentaires
Poster un nouveau commentaire