Il
y a peu encore, le concept d'éthique des affaires et de responsabilité
sociale d’une entreprise de l’industrie extractive ne consistait qu’en
des procédures administratives internes plus ou moins appliquées dans
la pratique. Aujourd'hui, à l’ère de la mondialisation et de
l’information, la situation évolue.
De plus en plus, l’attention des médias sur le respect des valeurs
humaines et environnementales pousse les compagnies à modifier leurs
agissements. Chaque année, de nouveaux scandales éclatent et engagent
ces entreprises dans une véritable crise de confiance avec leurs
clients et leurs financiers. Ces compagnies se rendent alors compte que
pour réussir à garder cette crédibilité, elles doivent d’abord répondre
de leurs actions sur le plan humain, c'est-à-dire en respectant les
normes de conduite éthique auprès des communautés locales.
Dans ce contexte, quelle est la place de la géomatique? Puisqu’elle
permet une maîtrise de la position géographique, la géomatique est,
depuis ses débuts, présente dans les grands projets miniers, comme ceux
en géologie et en prospection. Mais parce qu’elle rend possible
l’intégration de données et en raison de ses outils d’aide à la
décision, la géomatique peut-elle intervenir auprès de ces compagnies
afin de les aider à devenir socialement plus responsables? Si oui,
comment?
Une équipe de Boréalis, jeune entreprise québécoise de technologie de
l’information, s'est rendue en République dominicaine pour assister une
compagnie minière dans sa gestion de l’impact social de ses
exploitations et infrastructures : enjeux et récit des travaux.

(Cet article est paru dans le numéro "Printemps 2009" de la revue Géomatique de notre partenaire, l’OAGQ.
)
RESPONSABILITÉ SOCIALE ET ENGAGEMENT ENVERS LES COMMUNAUTÉS
Qu’est-ce que la responsabilité sociale d’une entreprise?
Selon la Commission européenne, « la Responsabilité sociale des
entreprises (RSE) est l'intégration volontaire par les entreprises de
préoccupations sociales et environnementales à leurs activités
commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes
(stakeholders)1 ».
De son côté, le Canada propose sa définition de la RSE : selon le
ministère de l’Industrie du Canada, « la RSE aide les entreprises
canadiennes à être plus concurrentielles en soutenant la hausse de
l’efficience opérationnelle, l’amélioration de la gestion des risques,
le maintien de relations favorables avec le milieu de l’investissement,
l’accroissement de l’accès aux capitaux, l’amélioration des relations
avec les employés, le renforcement des relations avec les
collectivités, le rehaussement du "droit" d’exploitation et
l’amélioration de la réputation et de l’image de marque ».
Soulignons que la RSE ne tient pas seulement compte des aspects sociaux
et environnementaux, mais également des bénéfices économiques afin
d’assurer une intégration réaliste dans un marché de plus en plus
mondialisé et de surexploitation croissante des ressources naturelles.
Par exemple, une compagnie minière peut recruter préférentiellement des
habitants proches de ses mines ou donner priorité à la main-d’œuvre
locale à qualification égale. Un organisme financier peut demander
parmi ses critères d'éligibilité aux subventions qu’hommes et femmes
aient les mêmes chances d'accès au travail et un salaire égal à leurs
tâches et compétences équivalentes.
Mais concrètement, quel est l’intérêt pour les acteurs principaux
(gouvernements, communautés locales, compagnies privées, ONG et
bailleurs de fonds) envers le respect de cette responsabilité sociale?
Pour les gouvernements, c’est malheureusement un constat encore
actuel : la plupart des pays riches en minerais ne sont pas forcément
les plus développés économiquement.
Beaucoup de ces gouvernements font face à la corruption et aux
sous-investissements en infrastructures ou en services sociaux (mauvais
état des voies de circulation, accès difficile à l’électricité ou à
l’eau potable, manque d’hôpitaux, d’écoles, etc.). Ces gouvernements
ont très souvent tendance à profiter des investissements étrangers dans
leur pays pour transférer certaines de leurs responsabilités à ces
acteurs privés.
« Pourquoi investir dans la réparation de cette route, si la compagnie
minière qui dispose d’engins de terrassement doit le faire elle-même
pour accéder à son site d’exploitation? »
Pour les communautés locales, la responsabilité sociale des
compagnies peut constituer une garantie morale de réalisation des
engagements, dont la priorité à la main-d’œuvre locale ou encore le
respect des mesures de protection de l’environnement.
Elle permet donc, en théorie, d’assurer l’amélioration des conditions
de vie des populations locales. En pratique, il s’agit plutôt de
limiter ou de « réparer » la dégradation, ce qui est en fait une mesure
essentiellement palliative.
Pour les acteurs privés, la responsabilité sociale pourrait être
considérée comme une série de normes et de procédures laborieuses pour
satisfaire les communautés locales, soulager les responsabilités des
gouvernements et obtenir le financement nécessaire.
Elle constitue en fait un outil primordial pour le message que la
compagnie souhaite faire passer aux communautés locales et, d’une
manière plus générale, pour l’image de cette entreprise au niveau
international. Il ne faut pas oublier que, dans les faits, la
principale raison d’être de ces compagnies est basée sur le profit et
non pas sur la conscience sociale. Il est cependant faux de penser que
les deux ne peuvent être réunis.
Une compagnie minière responsable doit montrer qu’elle tient compte des
préoccupations des communautés locales et qu’elle prend des mesures
pour limiter les effets négatifs sur les populations et l’environnement.
De cette manière, la compagnie limitera les conflits sociaux et les
risques de confrontation avec les populations à proximité des sites
d’exploitation.
Toutefois, les solutions à ces problèmes ne peuvent pas provenir
seulement de la responsabilité des entreprises privées. Ce n’est
d’ailleurs pas aux compagnies de se substituer aux États en tant que
pourvoyeurs de services sociaux comme il leur est parfois demandé. Quel
est donc le cadre juridique de cette responsabilité sociale?
CADRE JURIDIQUE DE LA RESPONSABILITÉ SOCIALE D’UNE ENTREPRISE
À l’heure actuelle, au Canada, il n’existe aucune loi formelle ou norme
officielle en matière de responsabilité sociale des entreprises. Les
compagnies minières sont encouragées à respecter des normes et des
procédures qui émanent souvent d’instances internationales, notamment
pour les déplacements involontaires ou pour les évaluations et
réductions d’impacts sociaux et environnementaux.
Parmi celles-ci, on peut noter les initiatives suivantes :
- Les principes de l’Équateur (http://www.equator-principles.com) :
ensemble de lignes directrices reconnues par la Banque mondiale pour la
gestion des enjeux environnementaux et sociaux liés au financement de
projets. Environ soixante-dix institutions financières dans le monde
ont adhéré à ces principes, dont plusieurs banques au Canada.
- Les standards de performance de l’International Finance Corporation
(www.ifc.org) et notamment le standard numéro 5 : Acquisition des
terres et déplacements involontaires. L’IFC est membre de la Banque
mondiale.
- Les tables rondes nationales organisées par le ministère des Affaires
étrangères du gouvernement du Canada. Il se traite des questions
relatives à la RSE dans le domaine minier, pétrolier et gazier et des
mesures concrètes à prendre pour satisfaire aux pratiques exemplaires
internationales.
- Les guides et principes e3plus du Prospectors and Developers Association of Canada (www.pdac.ca).
- Les principes directeurs de l’Organisation de Coopération et de
Développement Économiques (www.ocde.org) à l’intention des entreprises.
En l’absence de mécanismes locaux pour assurer le suivi et la
conformité des activités minières à des normes préétablies, les pays
d’origine de ces compagnies qui mènent des activités à l’étranger ont,
eux aussi, un rôle important à jouer. Par la création de groupes de
discussion et de commissions techniques, ces pays doivent devenir
leaders dans ce domaine et commencer à appliquer eux-mêmes les règles
en vigueur sur leur territoire.
Le succès de l’intégration de pratiques socialement responsables va se
faire en maximisant l’adéquation entre les responsabilités reconnues,
assumées et partagées, d’une part, des gouvernements et, d’autre part,
du secteur privé.
Mais en pratique, comment se matérialise la responsabilité sociale des
compagnies minières envers les populations affectées par leurs projets?
COMMENT S’APPLIQUE LA RESPONSABILITÉ SOCIALE CONCRÈTEMENT SUR LE TERRAIN?
Les différents groupes de travail et commissions techniques spécialisés
dans le domaine de la responsabilité sociale font ressortir deux
besoins principaux :
- celui de créer des mécanismes transparents de suivi des différentes
activités minières et leur impact social et environnemental;
- celui de suivre le traitement des plaintes adressées par des personnes affectées.
Toute une série d’actions permet en fait aux compagnies minières sur le
terrain de démontrer leur engagement envers les communautés locales.
Parmi ces activités, on peut noter l’inventaire et le suivi :
- du territoire affecté physiquement par une phase du projet minier;
- de toutes les réunions communautaires formelles;
- de toute réunion informelle sur le terrain avec des habitants locaux;
- des partenaires et des acteurs impliqués dans le projet (église, politiciens, hommes d’affaires, etc.);
- des plaintes ou réclamations adressées contre la compagnie ou le projet;
- de la main-d’œuvre locale (spécialisée ou pas), de sa qualification, de sa formation continue;
- des fournisseurs de matériel et des entreprises de construction locales;
- des investissements sociaux et en infrastructures (rénovation d’une
église, financement d’un puits d’eau, réfection d’une chaussée, etc.).
Pour acquérir et gérer ces listes de données ainsi que pour assurer le
suivi de toutes ces informations, la géomatique apparaît logiquement
comme un outil précieux.
Sur le terrain, la gestion de l’impact social d’un projet et de ses
activités collatérales est complexe. Un système de gestion de
l’information (SGI), jumelé à l’expertise géomatique, facilite
grandement les suivis; en voici un exemple en République dominicaine.
MISE EN CONTEXTE DU PROJET
Le projet amorcé en 2007 consiste en l’acquisition de droits permettant
la construction et l’entretien d’une ligne à haute tension qui servira
à alimenter une mine en électricité. Il s’agit d’investissements
privés, et le gouvernement local n’intervient aucunement dans cette
initiative. L’objectif final pour la compagnie minière est d’obtenir
l’accord de toutes les personnes affectées par la future ligne. Cet
accord est obtenu en échange d’un montant compensatoire préalablement
calculé par le SGI, puis négocié individuellement avec les
propriétaires.
SYSTÈME DE GESTION DE L’INFORMATION (SGI)
L’implantation d’un système de gestion de l’information (SGI) et sa
mise en opération s’avèrent des étapes déterminantes pour mener à terme
un projet d’impact social. Ce système est véritablement le moteur
d’analyse et le véhicule de communication de toutes les informations
recueillies et diffusées aux intervenants du projet. Dans le cadre de
ce projet, le SGI répond à trois besoins principaux :
- Faciliter la communication;
- Gérer des processus d’affaires liés aux mesures d’impact social;
- Gérer et diffuser des données géographiques et descriptives.

La communication :
Les projets de gestion d’impact social font intervenir des acteurs pluridisciplinaires dispersés sur le territoire.
Par exemple, les gérants du projet doivent communiquer et faire le
suivi d’information provenant des équipes de relations communautaires,
de négociations, d’enquêteurs sociaux, d’arpenteurs, d’avocats,
d’ingénieurs, etc. Les données recueillies par ces intervenants doivent
être intégrées afin d’assurer l’accessibilité des renseignements en
tout lieu et à tous les niveaux organisationnels.
Gestion des processus d’affaires pour la mesure d’impact social :
À partir des normes directrices internationales, un processus
d’affaires pour l’acquisition de droits est mis en place. Le diagramme
suivant montre les différentes activités du processus d’affaires
établi. Chacune des étapes de ce processus génère un flux d’information
que le système doit gérer.
Gestion et traitement des données géographiques et descriptives :
Le projet nécessite la collecte d’un nombre important d’informations
sociales, économiques et techniques qui doivent être géoréférencées. En
raison de la quantité de données géographiques à gérer et de leur
importance dans le calcul des compensations, il est nécessaire
d’incorporer les fonctionnalités géospatiales. Par exemple, un
utilisateur peut facilement visualiser toutes les informations
recueillies sur un terrain ou sur une personne affectée à l'aide d’une
carte interactive et d’hyperliens vers des rapports automatiques
(exemples : lien vers une enquête sociale, un rapport de négociation,
une réclamation, etc.).
Acquisition de données
La phase d’acquisition de données dans ce projet est sans aucun doute
la plus longue et la plus difficile à contrôler, étant donné les
facteurs suivants :
- La longueur du périmètre d’étude (environ 120 km sur une bande de 40 m à 100 m de largeur);
- La topographie très accentuée;
- La quantité de parcelles à identifier et d’individus à enquêter;
- La végétation très variée (près de 300 types différents d’arbres et de cultures);
- Les nombreux intervenants multidisciplinaires.
Cette récolte d’information peut être divisée en trois classes d’inventaires contenant différents types de renseignements :
1. Le morcellement foncier;
2. Les arbres, cultures et structures immeubles;
3. Les personnes affectées.
Technologies utilisées pour le relevé :
Matériel : GPS (L1) avec support cartographique et base de données
intégrée. Antenne télescopique de type soucoupe pour une meilleure
réception.
Post-traitement : Corrections différentielles à l’aide des stations de
références permanentes. Il existe quatre stations de ce type en
République dominicaine. Les données sont disponibles gratuitement sur
Internet en format RINEX.
Ordre de précision du relevé : ± 1 mètre.
INVENTAIRE DES TERRAINS AFFECTÉS
Afin d’associer les biens à compenser à son propriétaire, il faut tout d’abord définir l’emprise de la propriété affectée.
Cette tâche est réalisée sur le terrain avec l’aide d’arpenteurs locaux
et d’équipements GPS. Même si ces arpenteurs n’utilisent pas leur
pouvoir légal, leur connaissance foncière est essentielle.
L’inventaire des terrains consiste en trois objectifs principaux :
- Localiser et relever les limites de propriété à l’intérieur du corridor d’étude;
- Associer chaque terrain au propriétaire et usufruitier correspondants;
- Délimiter physiquement l’affectation du projet.
Localisation des limites
Onze municipalités sont touchées par ce projet d’infrastructures, et
les différences topographiques, culturelles et de tenure sont
marquantes. Par exemple, dans la partie sud, la majorité des terrains
touchés sont désertiques et les limites entre chaque propriété privée
ne sont que rarement définies physiquement.
Le climat variable, l’instabilité des sols et les pluies abondantes
amènent un aspect non négligeable dans les principes de délimitation :
il s’agit de la variabilité des éléments. Un fleuve peut facilement
changer de lit et doubler de taille à la suite d’une tempête tropicale
ou d’un ouragan impliquant d’importantes mesures de correction et
d’actualisation des levés et des délimitations.
Recherche du propriétaire
En raison du cadastre peu fiable, de l’absence de titres de propriété
clairs, l’inventaire effectué est, en pratique, essentiellement basé
sur l’occupation. L’embauche de guides locaux, souvent des agriculteurs
ou parfois même les propriétaires, permet de confirmer ou d’infirmer
l’emplacement des limites et l’appartenance du terrain. Les titres de
propriété en règle sont, quant à eux, demandés et analysés lors des
négociations avec les prétendus propriétaires avant la signature d’un
accord.

Démarcation de l’affectation
Le troisième objectif pour les arpenteurs est le marquage physique de
l’emprise. Cette étape, qui demande une logistique importante, est
cruciale afin d’assurer la transparence du travail effectué auprès des
propriétaires. L’implantation de piquets de bois au sommet de chaque
parcelle affectée permet aux propriétaires d’évaluer visuellement si la
compensation leur semble juste et, par conséquent, facilite les
négociations.
INVENTAIRE DES ARBRES, CULTURES ET STRUCTURES IMMEUBLES
La majorité des terres affectées par le projet sont utilisées pour
l’agriculture ou pour des plantations de bois d’œuvre. Les
propriétaires de ces terres vivent de cette industrie et en connaissent
très bien la valeur. La réussite des négociations dépend fortement de
la confiance entre les parties impliquées et, par conséquent, la
réalisation d’un inventaire agraire précis est indispensable à la
crédibilité du processus.
Sur le terrain, les agronomes doivent travailler en étroite
collaboration avec les arpenteurs afin de bénéficier de la localisation
exacte du corridor. Un relevé géographique est nécessaire afin de créer
les polygones de végétation qui serviront ensuite à évaluer le
pourcentage d’affection par le système d’information. Un rapport
détaillé effectué par un agronome est ensuite réalisé et lié à la
géométrie correspondante. Ceci permet d’associer automatiquement les
valeurs finales de chaque type de végétation au rapport de compensation.
La gestion des différentes utilisations du sol doit également être
prise en compte afin de distinguer un usufruitier du nu-propriétaire.
En région agricole et surtout pour les propriétés de grande surface,
ces cas sont très fréquents. Par exemple, le propriétaire d’une terre
qui vit en ville peut laisser un responsable en permanence sur son
terrain et lui accorder en échange une partie des recettes des
cultures. Afin de donner le maximum d’objectivité à l’information et de
minimiser les conflits, le système prend directement en charge ces cas.
L’usufruitier est alors traité indépendamment et reçoit une
compensation pour les cultures ou les arbres qu’il entretient; le
nu-propriétaire, quant à lui, reçoit la partie correspondant à la terre.
De la même façon, un relevé géographique et descriptif précis des
maisons et des autres structures affectées est réalisé sur le terrain.
Dans le cas de maisons se trouvant dans la zone critique, la compagnie
minière s’engage bien souvent à les rebâtir à un endroit jugé
sécuritaire et convenu avec les propriétaires.
LES DONNÉES SOCIOÉCONOMIQUES
Parallèlement au levé topographique et agraire, une enquête
socioéconomique est réalisée pour chaque foyer affecté. Ce travail vise
à permettre un contact personnalisé avec chaque individu et à mesurer
l’impact du projet sur le mode de vie des familles.
Les premiers contacts avec les gens sont d’une importance capitale pour
les relations entre la compagnie minière et les personnes affectées. La
présentation du projet, les enjeux, les impacts ou les bénéfices sont
des sujets qui doivent être abordés avec diplomatie et respect dès le
début. Bien des gens ont une attitude réfractaire ou méfiante face aux
projets d’envergure ayant un impact majeur sur les communautés et
l’environnement. Une des plus grandes sources de méfiance est le manque
de communication et, pour cette raison, beaucoup d’efforts doivent être
mis en œuvre pour informer ces communautés et recueillir leurs
inquiétudes.
Les données socioéconomiques seront saisies dans le système. Elles
pourront ainsi être distribuées selon les différentes demandes. La
structure du système de gestion de l’information peut être représentée
à l’aide du diagramme suivant :

Des modules spécifiques sont mis en place afin de permettre la saisie et la diffusion de l’information, parmi lesquels :
- Inventaire des données : Ce module gère l’acquisition de
données socioéconomiques, topographiques et agraires. Il contient les
formulaires de saisie des enquêtes et les outils pour incorporer les
géométries associées. D’autre part, le module génère des rapports
automatiques sur les biens affectés et compensables liés aux personnes.
Un module complémentaire permet de générer des rapports de contrôle de
qualité des données.
- Négociation et compensation : Ce module permet aux équipes de
négociation de générer automatiquement une proposition de compensation
monétaire, le suivi des négociations individuelles, des cartes
planimétriques délimitant l’emprise du corridor et des documents légaux
tels que les titres d’acquisition. Il permet aussi de suivre les
montants négociés par personne et la progression du budget des
compensations.
- Gestion de projet : Ce module permet de suivre la progression
de l’acquisition des données, des négociations et des rencontres avec
des personnes ayant une attitude défavorable au projet. Ces rapports
sont présentés sous forme de cartes thématiques. De plus, ce module
permet d’enregistrer les réunions qui ont lieu au sein de l’équipe du
projet et de stocker les rapports mensuels.
- Relations communautaires : Ce module permet de gérer le suivi
des plaintes et des questions formulées par les personnes affectées. Le
module gère l’information à partir du moment où la personne dépose une
plainte jusqu’à la réponse finale de la compagnie, tout en enregistrant
les communiqués et les actions prises.


L’architecture technique du système est présentée dans le diagramme ci-dessous :

Les technologies adoptées pour l’implantation du système d’information
sont des logiciels libres (open source) qui ont atteint un degré de
maturité et de fiabilité exceptionnel. Grâce au progrès constant des
communautés informatiques qui s’organisent pour développer, tester et
donner du support technique, ces projets de logiciels possèdent
désormais un dynamisme sans précédent. De plus, ce choix technologique
est particulièrement intéressant au niveau de la flexibilité qui permet
une intégration plus facile avec d’autres systèmes et qui réduit aussi
de façon importante les coûts d’exploitation à long terme.
CONCLUSION
Bien que le concept de responsabilité sociale des entreprises date de
plusieurs dizaines d’années, il est encore difficile de le voir
s’incorporer concrètement dans l’ensemble des stratégies d’affaires des
grandes entreprises. Actuellement, des mesures incitatives,
particulièrement financières, permettent une certaine application, mais
c’est l’initiative d’institutions internationales établies et de
mesures législatives claires qui permettra l’implantation complète du
concept. Par exemple, la norme ISO 26000 en cours d’élaboration amènera
une meilleure uniformisation des concepts de la RSE au niveau mondial.
L’instauration d’un dialogue franc et ouvert envers les communautés
passe par une communication efficace de l’information de la part des
compagnies, information qui doit avant tout être claire, synthétisée et
disponible pour les dirigeants de ces entreprises. La géomatique, parce
qu’elle est en mesure de permettre l’intégration des données
géographiques et de supporter des processus d’affaires et décisionnels,
apparaît logiquement comme un outil indispensable.
Dans ce contexte, les géomaticiens et les arpenteurs-géomètres sont au
premier rang. Ils font partie des professionnels les mieux placés pour
maîtriser ces nouveaux outils et donc pour participer activement à ces
nouvelles activités. L’implication des arpenteurs-géomètres dans ce
type de projet amène sans équivoque une confiance accrue quant à la
qualité et à l’interprétation des données. Leur formation
pluridisciplinaire leur permet de bien comprendre et de s’adapter
facilement aux nombreux intervenants légaux, sociaux et techniques.
Le défi pour ces entreprises et ces professionnels de la géomatique est
à la fois énorme et passionnant : comment intégrer toutes ces nouvelles
technologies de l’information sur le plan humain?
Auteurs :
Olivier Chaumont, a.-g., est diplômé de l’Université Laval en sciences
géomatiques depuis 2007 et membre de l’OAGQ depuis 2008. Après avoir
acquis une expérience en arpentage légal au Québec, il s’est joint à
l'équipe de Boréalis où il est en charge de la supervision et de la
gestion de l’acquisition des données sur le terrain.
Courriel : olivier.chaumont@boreal-is.com
Benoit Froment est diplômé de l’École Supérieure des Géomètres
Topographes du Mans (France). Il a travaillé en Amérique centrale comme
consultant pour la Banque mondiale sur des projets de modernisation de
cadastres et de systèmes fonciers. Il est, depuis 2007, directeur des
projets en République dominicaine pour Boréalis.
Courriel : benoit.froment@boreal-is.com
Exequiel Rolon est ingénieur civil diplômé de l'Université Panamericana
(Mexique) et possède une maîtrise en sciences géomatiques de
l'Université Laval. Il a participé, au Mexique, à des projets pour les
gouvernements municipaux, provinciaux et fédéraux. Il est actuellement
gestionnaire de bases de données géomatiques chez Boréalis.
Courriel : exequiel.rolon@boreal-is.com
Médiagraphie :
« The Equator Principles » (2006), A financial industry benchmark for
determining, assessing and managing social & environmental.
www.equator-principles.com
E3plus, Framework for Responsible Exploration, Land Acquisition, Community Engagement, What is Engagement?
www.e3mining.com
Rapport du groupe consultatif (2007). Tables rondes nationales sur la
responsabilité sociale et l’industrie extractive minière dans les pays
en développement.
http://geo.international.gc.ca/cip-pic/current_discussions/csr-roundtabl...
IFC Performance Standard 5 Land Acquisition and Involuntary Resettlement (2006).
www.ifc.org/ifcext/sustainability.nsf/AttachmentsByTitle/pol_PerformanceStandards2006_PS5/$FILE/PS_5_LandAcqInvolResettlement.pdf
The World Bank Operational Policies. OP 4.12 - Involuntary Resettlement.
http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/PROJECTS/EXTPOLICIES/EXTOPMANUA...
International Organization for Standardization. Stakeholder consensus
enables ISO 26000 on social responsibility to move up in development
status (2008).
www.iso.org/iso/pressrelease.htm?refid=Ref1158
BONNIE CAMPBELL (2008). Réflexions à partir des initiatives canadiennes
récentes en matière de réglementation et de responsabilité des
entreprises dans le domaine extractif, Conférence de l’Association du
Barreau canadien, Montréal, 9 p.
ENCADRÉ RÉPUBLIQUE DOMINICAINE : source Wikipédia

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