L’arrivée prochaine de la version 9.3 d’ArcGIS suscite un grand intérêt de la part des utilisateurs des technologies ESRI et des professionnels de l’information géographique en général. Le grand nombre de participants de la Conférence des utilisateurs de ESRI, tenue à Québec le 24 avril dernier prouve la position de force du pionnier ESRI dans le marché des SIG.
ESRI Canada, qui fêtera l’an prochain ses 25 ans, effectue annuellement une tournée de conférences des utilisateurs à travers le pays dans le but de présenter les nouveautés technologiques et de favoriser un environnement de partage dans la communauté des utilisateurs. Cette année, la tournée prenait son envol à Québec, et était grandement teintée de l’effervescence entourant la sortie prochaine d’ArcGIS 9.3.

Alex Miller, président et fondateur d'ESRI Canada.
Après avoir souhaité la bienvenue aux quelques 200 participants qui emplissaient la salle, le président et fondateur d’ESRI Canada, Alex Miller, a répété que l’approche géographique d’ESRI, au cœur de la philosophie de la compagnie, donne aux professionnels et aux gestionnaires les moyens de répondre aux questions de notre monde. « Le Web 2.0 rend possible l’approche géographique et fournit une nouvelle plateforme dont peuvent tirer profit les systèmes d’information géographique » a-t-il déclaré, dans son allocution entièrement prononcée en français pour l’occasion. Il a poursuivi en indiquant qu’ArcGIS évolue sur cette plateforme et s’intègre au contenu Web géographique, comme aux globes virtuels de Google Earth et de Microsoft (Virtual Earth). Il a de plus tenu à mentionner l’engagement d’ESRI envers l’interopérabilité, ce qui se reflète notamment dans le support grandissant de normes reconnues (OGC, ISO).
Mesurer – Modéliser - Gérer
Afin de sauter dans le vif du sujet, Monsieur Miller a laissé la place à Patrick Dolémieux, directeur des produits ESRI (bureau d’ESRI inc. à Redlands, CA) et à Mike Gregotski, spécialiste en marketing technologique, qui ont entamé une série de présentations et de démonstrations sur les nouveautés de ArcGIS 9.3. La succession d’explications tirées du discours d’entreprise, de cas d’application concrets et de mini démonstrations mettant en évidence certaines nouveautés s’est déroulée sans faille.
Cette partie en plénière s’est principalement articulée autour de trois verbes d’action : 1) Mesurer le monde 2) Modéliser le monde et 3) Gérer le monde. Chacune de ces actions était illustrée par de nombreux exemples de mises en application concrètes.
Pour le volet « mesurer », les présentateurs ont abordé l’intégration d’Image Server dans la version 9.3 (Image Server était un module à part avant la version 9.2). Ils ont démontré les capacités d’accès rapide aux images, et ont souligné le stockage des images en format natif et la possibilité de servir plusieurs clients.
Monsieur Gregotski a par la suite rapidement présenté PurView, un nouvel outil de visualisation 3D développé par I.S.M, et commercialisé par ESRI. PurView s’intègre à ArcGIS (desktop) pour permettre de visualiser l’imagerie en 3D et mesurer les propriétés en hauteur des bâtiments.

La foule portant les lunettes pour saisir la troisième dimension offerte par PurView.
En ce qui a trait à la modélisation, un aspect particulièrement important dans l’analyse des données géographiques, on a présenté les nouveautés concernant les processus et les géotraitements. Comme l’a souligné M. Dolémieux, pour être efficace et utile, un SIG se doit de faire appel à toute la science de la géographie. Ainsi, dans la version 9.3 d’ArcGIS, on peut noter entre autres la prise en charge de la variable temps, l’ajout de différents traitements géostatistiques (régression, analyse de proximité, etc.), la prise en charge du rayonnement solaire et la gestion des processus de travail (job tracking).
Finalement, comme la prise de décision implique nécessairement la gestion, Monsieur Dolémieux a abordé l’aspect de Geodatabase, la plateforme de storage et de gestion des données commune à tous les produits d’ESRI. Il a d’ailleurs fièrement mentionné que la prochaine version d’ArcGIS allait prendre en charge SQL Server 2008 ainsi que le SGBD Open Source PostGreSQL.
Cinq « service packs » ont succédé à la version 9.2 d’ArcGIS, sortie il y a presque deux ans et la version 9.3 promet des améliorations sur plusieurs plans, dont plusieurs sont issues des demandes répétées des utilisateurs.
L’une des nouveautés attendues avec beaucoup d’impatience et qui démontre l’ouverture progressive de l’offre d’ESRI concerne la possibilité de bâtir des mashups (applications Web fusionnant l’information de plusieurs sources). C’est grâce aux extensions pour Google Maps ou Virtual Earth des nouvelles API REST et Javascript d’ArcGIS qu’il sera possible de publier sur le Web des applications intégrant le contenu provenant d’ArcGIS (Server) à l’un ou l’autre de ces services de cartographie populaire.
Quelques mots ont aussi été glissés sur le globe ArcExplorer, un produit ESRI gratuit « grand public » pour naviguer et visualiser des données, qui, d’après M. Dolémieux, est de plus en plus préféré par les professionnels pour ses fonctions d’analyse et de recherche plus puissantes que celles offertes par les autres globes virtuels. ArcExplorer connaît une évolution rapide, avec une nouvelle version sortant tous les trois mois. Pour convaincre l’assistance du potentiel de cet outil, dans sa version client d’ArcGIS Server, M. Gregotski a vite enchainé avec une démonstration simulant une intervention d’urgence dans un cas fictif d’incendie affectant un dépôt de matières résiduelles. Lors de cette démonstration, on a montré la zone de propagation des fumées, calculée à partir de données telles que la vitesse et la direction du vent. On a aussi montré comment la gestion des effectifs pouvait se faire en faisant apparaître sur la carte la position en temps réel des véhicules d’urgence, et le trajet le plus court entre leur localisation et le site d’intervention. Les caméras de circulation (du ministère des transports) montraient même l’état de la circulation sur le trajet suggéré.
La version 9.3 – Intégration et ouverture
En complément à cette présentation, les nouvelles fonctionnalités et les améliorations qu’offrira ArcGIS 9.3 (desktop) ont été par ailleurs présentées lors d’une séance de l’après-midi, par Martin Couture. Nous retenons ces éléments:
- Une documentation approfondie;
- Une sécurité accrue avec ArcGIS Server;
- Implémentation étendue des normes de l’OGC;
- Support de mashups via les APIs pour globes virtuels;
- Intégration des produits de DAO;
- Nouveaux outils de géotraitement;
- Amélioration de l’édition cartographique (étiquettes, courbes de niveau, etc.);
- Édition et impression de style WYSIWYG;
- Traitement de symboles complexes;
- Mode multifenêtrage dans une session ArcPad;
- Un service de cartes intégré (avec Image Server);
- Support de « presque » tous les SGBD;
- Date de sortie estimée (et espérée) d’ArcGIS 9.3 : été 2008.
Un pont entre la France et le Canada
De passage à Québec spécialement pour cette occasion, le président et fondateur d’ESRI France, Monsieur Rony Gal a été invité à partager sa vision sur le statut et les défis de la France dans le domaine de l’information géographique. Il a souligné l’avance du Québec dans le domaine de l’éducation et de la recherche en géomatique et a fait sourire les participants en mentionnant que les premiers employés d’ESRI France avaient reçu une formation spécialisée à l’Université Laval.
Après plus de 20 ans passés à la tête d’ESRI France, et fortement impliqué dans des regroupements liés à l’IG, Monsieur Gal a par la suite présenté un portrait des principaux facteurs ou « piliers » qui ont favorisé l’épanouissement du domaine en France. En premier lieu, les collectivités locales, grands gestionnaires de l’information sur leurs territoires, constituent pour ESRI France l’un des marchés les plus importants, en plus d’avoir poussé le développement de l’expertise métier. Le second pilier sur lequel s’est développé la géomatique est le secteur en plein essor de l’environnement. La conscientisation grandissante de la fragilité de notre milieu de vie et l’adoption de pratiques responsables dans ce domaine profitent des SIG. Finalement, le troisième et dernier pilier qui a favorisé l’essor de la géomatique en France est l’industrie, principalement la gestion des réseaux (gaz, téléphones, routes, etc.). Dans ce dernier cas, caractéristique en France, Monsieur Gal estime que les outils de DAO/CAO sont de plus en plus remplacés, sinon complétés par les SIG.

Rony Gal, président et fondateur d'ESRI France.
Toujours selon ce dernier, les fournisseurs de contenu agissent comme « carburant » du domaine. Ainsi, il a tenu à souligner le rôle des importants créateurs français de données, comme l’IGN, la Direction générale des Impôts (responsable du cadastre) et SPOT, qui malgré ses programmes parfois controversés, ont à leur façon favorisé le développement de la géomatique en France.
Salon des exposants
Parmi la douzaine d’exposants du salon se trouvait Latitude Geographics, un partenaire ESRI de la Colombie-Britannique. Steve Maddison était sur place pour présenter leur produit de web-mapping Geocortex. Geocortex est en quelque sorte un « CMS géospatial » (outil de gestion de contenu géospatial) développé en .NET et conçu pour étendre et compléter le cadre de développement d’applications (ADF) ArcGIS Server/ArcIMS/ArcWeb Services d’ESRI. Comme l’expriment les gens de Latitude Geographics « Pourquoi passer du temps à redévelopper des fonctions existantes pour ArcGIS Server quand il est possible d’accélérer son implantation avec Geocortex Essentials? ».
Visualisateur Geocortex Essentials. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Prix d’excellence
Par ailleurs, ESRI Canada a décerné un prix d’excellence aux Mines Opinaca, une division de Goldcorp. Ce prix, qui vise à reconnaître l’utilisation innovatrice des technologies d’ESRI, a été remis par Alex Miller à Madame Catherine Savard, ingénieure géologue junior de l’entreprise. Cette dernière avait mis en évidence dans sa présentation le contexte complexe (la prise d’une grande quantité de données précises sur le terrain) du projet, qui visait à mieux saisir le potentiel de forage dans une région éloignée. Dans ce cas, l'utilisation du logiciel SIG en mode nomade ArcPad leur a permis d'optimiser les activités de cartographie.
Une bourse de 2000$ a aussi été remise à Eugénie Nyaminani, une étudiante qui entreprendra sous peu des études de deuxième cycle au Département des sciences géomatiques de l’université Laval. Dans son discours, Madame Nyaminani a présenté Géomatique : Projets sans frontières, un projet de coopération internationale en géomatique mis sur pied par les étudiants, et dans lequel elle est impliquée.
De nombreuses autres conférences des utilisateurs auront lieu partout au Canada dans les prochains mois (voir ici). En France, comme l’a spécifié Monsieur Gal, le principal rassemblement (SIG 2008) aura lieu à Versailles, en octobre prochain.
NDLR : Merci à l’équipe d’ESRI Canada d’avoir accueilli BALIZ-MEDIA.com à titre de partenaire média de l’événement.

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